Pour trouver dans un même endroit un échantillon de l’œuvre de chacun des grands architectes du moment, il suffit de se rendre à Lyon. Herzog et De Meuron, Massimiliano Fuksas, Winy Maas, Manuelle Gautrand et nombre d’équipes d’architectes internationales ou lyonnaises ont signé les bâtiments qui sont sortis de terre dans le nouveau quartier de la Confluence, inauguré à la fin de l'année dernière.
Les trois îlots comprenant 660 logements et 15.000 m2 de bureaux, qui ont été inaugurés fin 2010, sont à la fois emblématiques de la dynamique que Lyon veut donner à ce quartier en construction, et lauréats du programme européen Concerto, qui récompense le recours massif aux énergies renouvelables et la conception bioclimatique des bâtiments. Cette nomination a engendré une contribution financière de l’Union européenne de l’ordre de 3,6 millions d’euros. Les îlots A, B, C, commercialisés sous les noms de Saône Park, Lyon Island et le Monolithe, se veulent des programmes mixtes alliant bureaux et logements, dont 44% de haut de gamme, 33% de standard locatif intermédiaire et 23% de programmes à vocation sociale. «D’habitude, une ville vend ses terrains au plus offrant. Sur ce programme, nous avons mis un prix fixe et jugé de la qualité environnementale», indiquait en octobre dernier le maire de Lyon, Gérard Collomb. Pour chaque îlot, les équipes de promoteurs (respectivement Nexity Appolonia, Bouwfounds Marignan - Alliade, et ING Real Estate – Atemi) se sont associés à plusieurs architectes, soit 12 au total.
Laboratoire urbain
Il s’agit donc d’un grand laboratoire urbain, dédié à la fois à la création architecturale et à la recherche de l’efficacité énergétique. Tôle, verre, métal ou béton, chaque bâtiment se dégage du lot, concourant pourtant à former un ensemble cohérent et audacieux. «La diversité architecturale se traduit par la créativité des concepteurs sélectionnés reconnus à l’échelle internationale et de jeunes talents prometteurs. Le travail de fond a favorisé la connaissance mutuelle des projets et a assuré la cohérence de l’ensemble, s’intégrant aux espaces publics des bords de la Saône», indiquait-on au Grand Lyon lors de l'inauguration, rappelant que ce programme, lancé en 2003, «a intégré des objectifs ambitieux en matière de performances énergétiques, la prise en compte des critères de la haute qualité environnementale, et le développement d’équipements à énergies renouvelables». Dans les logements, l’utilisation des énergies renouvelables (chaufferies à bois et énergie solaire) représentera 80% de la consommation de chauffage et d’eau chaude sanitaire des parties privatives, et 50% de la consommation d’électricité des parties communes. Du côté des bureaux, ces énergies seront utilisées pour 80% de la consommation de chauffage, et 30% de la consommation d’électricité pour la climatisation.
Le premier «quartier durable»
«Nous voulons que la Confluence puisse servir de modèle économique pour l’ensemble de l’agglomération», expliquait Gérard Collomb. Dans cette optique, et pour «favoriser la mixité urbaine, écologique et sociale», la communauté urbaine de Lyon a signé un partenariat avec le WWF, qui a labellisé la Confluence «quartier durable», une première en France. Par cette convention de cinq ans, elle s’engage à élaborer et mettre en œuvre un plan d’action durabilité pilote sur le projet Lyon Confluence. Les grands thèmes sur lesquels travailleront la communauté urbaine et le fonds mondial pour la nature pour stimuler le «mieux vivre ensemble» sont les objectifs zéro carbone et zéro déchet, la mobilité durable, les habitats naturels et la biodiversité, ainsi que la culture et le patrimoine local. Pour Gérard Collomb, il s’agit de «penser la ville par rapport aux nouveaux usages urbains». La balle est désormais dans le camp des usagers de ces bâtiments, à qui il revient d’avoir les bons gestes et réflexes pour utiliser intelligemment ce quartier et ses bâtiments durables.