L'ensemble des recours contre les permis de construire des tours Hermitage de la Défense, a été rejeté par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise (Hauts-de-Seine). Les gratte-ciel signés Norman Foster pourraient même être construites en moins de 5 ans. Cependant, des nouveaux appels pourraient encore retarder le projet...

Ce mercredi 24 juin 2015, le groupe Hermitage annonce avec satisfaction que tous les recours déposés contre les permis de construire de ses futures tours jumelles de la Défense ont été rejetés par la justice. Certains requérants ont été déboutés "par absence d'intérêt à agir" tandis que d'autres (Allianz Vie, AXA - Ugitour, Beacon Capital Partners - tour First, et association Vivre à la Défense) ont été déboutés et condamnés aux dépens. Emin Iskenderov, le président du groupe Hermitage, déclare : "Depuis que nous avons annoncé notre intention de les construire en faisant appel à Norman Foster, l'un des plus grands architectes mondiaux, nous avons dû affronter une opposition acharnée et vindicative qui a multiplié les recours. Au final, heureusement, le droit l'emporte. Auparavant, la cour d'appel avait déjà rejeté tous les recours contre les permis de démolir". Le promoteur espère maintenant entrer dans la dernière phase préparatoire du projet.

Un tempo de construction accéléré

Le groupe russe annonce également avoir engagé un travail avec Bouygues Construction afin de mettre au point de nouvelles techniques de construction et de gestion des travaux. Ces dernières pourraient ramener le délai de construction de 6 à 4,5 ans, et ainsi rattraper une partie du retard accumulé à cause des recours. Un nouveau calendrier de chantier devrait être dévoilé à la fin du mois de septembre prochain. Le promoteur fait valoir que le projet créera 5.000 emplois, pour sa construction, et 3.000 emplois directs pendant son exploitation. Il précise également que, sans avoir attendu les décisions de justice, l'opération immobilière avait déjà permis la réalisation de 300 logements sociaux dans le département des Hauts-de-Seine pour reloger les familles déplacées. L'ensemble Hermitage Plaza, d'une hauteur de 320 mètres, sera composé de logements (y compris 135 logements étudiants), d'un hôtel 5 étoiles, d'un restaurant et d'un bar panoramiques, d'espaces de bureaux, de commerces, d'équipements culturels, dont un auditorium et une galerie d'art. Les deux tours seront bâties sur un socle aménagé en place publique disposant de magasins et de cafés.

Des appels à prévoir

Au mois de décembre 2014, l'hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné avait publié les propos d'un proche conseiller de la présidence française qui estimait : "Tout est gelé, les tours ne verront pas le jour". Selon leur source, les difficultés ne résidaient pas dans les recours contre le projet, mais de l'origine de ses financements, qui comprend deux banques russes, soumises à des sanctions internationales… Le promoteur avait toutefois précisé que le tour de table était inchangé, à 1,65 Mrd €, sans qu'aucune décision conjoncturelle puisse le remettre en cause. Les tours devraient donc bien voir le jour d'ici à fin 2020 ou début 2021. A moins que des procédures en appel ne soient lancées. La démolition de la résidence Les Damiers, dont une quinzaine de familles refuse de partir, est interdite par décision de justice, tant qu'un accord n'aura pas été signé par l'ensemble des membres de l'association syndicale. Leur avocate, maître de Coulhac-Mazérieux, estime qu'il n'y aura aucun lancement de travaux à l'automne 2015 et que les recours "ne seront pas abordés avant le 2e trimestre 2016, sans compter les appels"...
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