En 2010, le Commissariat général à l'investissement a confié à l'Ademe le soin de piloter quatre programmes des investissements d'avenir relatifs aux énergies décarbonées, aux réseaux électriques intelligents, à l'économie circulaire et à la mobilité durable. En tout, 139 projets ont déjà été soutenus pour un montant de plus de 1 milliard d'euros. Détails.

L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) s'est vue confier, en 2010, la responsabilité de quatre programmes des investissements d'avenir (PIA). Le but était de soutenir la réalisation d'expérimentations préindustrielles et de démonstrateurs de recherche dans des domaines clefs : énergies décarbonées, mobilité durable, réseaux électriques intelligents et économie circulaire. L'Ademe dresse aujourd'hui un premier bilan de ce dispositif.

 

85 % des aides aux entreprises
"Avec 575 projets soumis, associant plus de 2.000 entités, et déjà 139 projets lauréats, [il] a montré sa capacité à mobiliser les entreprises sur ces créneaux porteurs et à stimuler leur capacité d'innovation", souligne l'agence qui estime que les bénéficiaires prévoiraient déjà un chiffre d'affaires induit de plus de 10 Mrds € à l'horizon de 2020 en même temps que la création de 10.000 emplois directs. En tout, plus de 1 Mrd € d'aides ont été accordés, principalement à des entreprises : les grands groupes se taillent la part du lion, avec 63 % des montants accordés, devant les TPE/PME/ETI (22 %) et les collectivités et organismes de recherche (15 %).

 

Sur chacune des 20 thématiques identifiées (voir encadré), l'Ademe a organisé des appels à manifestations d'intérêt encadrés par des feuilles de route stratégiques. Quatre types d'impact ont été observés selon le degré de maturité de la filière. "Sur les filières émergentes, pas encore structurées (…) le PIA permet l'émergence de projets structurants et de nouveaux acteurs qui n'auraient pas pu voir le jour seuls, compte tenu des risques", explique l'agence qui cite les exemples du solaire photovoltaïque à concentration, de l'hydrogène, des énergies marines ou des nouvelles filières de recyclage. Sur les filières en construction, avec des acteurs en place, le PIA accélère la structuration, "comme observé sur l'amont ou l'aval du photovoltaïque, sur la géothermie électrogène, le grand éolien ou les infrastructures de recharge des véhicules électriques". Sur les filières établies en mutation rapide, le PIA "permet d'accompagner des basculements de marché : ceci est apparu sur l'hybridation des véhicules ou sur l'aval de la gestion de l'énergie". Enfin, sur les filières en mutation lente, le PIA "aura un impact de plus long terme avec des effets de réplication potentiellement forts". De tels impacts sont attendus dans la construction navale, le matériel ferroviaire, la réhabilitation des bâtiments ou la gestion de l'énergie.

 

Des projets variés
Parmi les nombreux projets soutenus, l'Ademe cite l'exemple d'Eolift, visant à développer une tour en béton précontraint de grande hauteur (supérieure à 100 mètres), pouvant supporter le poids d'une turbine à forte puissance (plus de 3 MW) et dotée d'une méthode de levage inédite permettant de se passer de grues de grande capacité. Porté par Freyssinet et des laboratoires publics partenaires, "ce projet de 6,8 M€ est aidé à hauteur de 3,3 M€ par le PIA. Il présente une solution innovante et en rupture permettant d'accéder à court terme à des marchés à l'export", explique l'agence. Dans les EnR, elle met également en avant le programme Guépard, coordonné par Soitec, associé au CEA et à InPact, une PME française spécialiste des substrats photovoltaïques. Il s'agit là de mettre au point des cellules solaires à très haute efficacité, utilisant des lentilles optiques qui concentrent la lumière. Une technologie qui permettra de doubler le rendement des technologies actuelles.

 

Les 20 thématiques clefs :
Dix concernent les énergies renouvelables ou décarbonées et la chimie verte (solaire, éolien, géothermie, EMR, vecteur hydrogène, stockage de l'énergie, captage/stockage/valorisation du CO2, bâtiments), l'enveloppe accordée se monte à 1,125 Mrd € ;
Sept concernent les véhicules du futur (motorisation hybride, électrique, transport ferroviaire ou maritime…), disposent en tout de 950 M€ ;
Deux portent sur l'économie circulaire (collecte, recyclage, valorisation des déchets, écologie industrielle, dépollution des sites, sols et sédiments), elles bénéficient de 210 M€ ;
Une dernière est dédiée aux réseaux électriques intelligents (intégration des EnR, services permettant la maîtrise des consommations), dotée de 165 M€.
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