EXPOSITION. Béton brut, grandes parois vitrées blanches et courbes… Architecte de renommée internationale, Harry Seidler (1923-2006) est à l'honneur à l'ambassade d'Australie qu'il a construite à Paris. Sa particularité ? Il a développé son "propre chemin" tout en restant fidèle aux principes du modernisme revus par les architectes du Bauhaus et à ceux du ''lyrisme'' d'Oscar Niemeyer et Le Corbusier.

Incontestablement Harry Seidler (1923-2006) est une icône d'architecture australienne. C'est une architecture à découvrir pour certains et redécouvrir pour d'autres, les plus initiés, fidèles aux principes du Bauhaus, que l'on peut apprécier depuis le 7 septembre 2016 jusqu'à novembre prochain dans "sa" célèbre ambassade australienne à Paris construite face à la Tour Eiffel en 1975.

 

180 bâtiments

 

"Une exposition itinérante célébrant le dixième anniversaire de la naissance de l'architecte australien Harry Seidler est mis à l'honneur à travers 'Painting towards architecture' dans le but de mieux comprendre la carrière et sa contribution dans plus de 180 bâtiments", nous explique Vladimir Belogolovsky, commissaire de l'exposition et historien de l'architecture basé à New York.

 

C'est pourquoi cette nouvelle exposition tenue, cette fois-ci à Paris, lancée par son épouse Penelope Seidler, de la Fondation d'architecture d'Harry Seidler à Sydney retrace la carrière de cet élève du Bauhaus mais aussi des concepteurs, designers et architectes respectifs Marcel Breuer et Oscar Niemeyer. Sans oublier le célèbre ingénieur Pier Luigi Nervi avec qui Harry Seidler a conçu l'ambassade de l'Australie à Paris, reconnu pour son béton, son "brutalisme" et ses courbes à l'intérieur.

 

On y retrouve ainsi dans ce bâtiment des maquettes, des sculptures, des photographies, des films, de la correspondance, des livres, des albums, des périodiques, des dessins, et originaux mais aussi des croquis fournis par la famille de l'architecte et également les partenaires suivants : "Houses Trust de Nouvelle-Galles du Sud, Josef & Anni Albers Foundation, The digital Archive Marcel Breuer à l'Université de Syracuse, et les archives privées d'artistes Norman Carlberg, Charles Perry, et Lin Utzon."

 

"Harry Sleider, c'est l'enfant spirituel de l'architecte brésilien Oscar Niemeyer et Le Corbusier", rappelle à son tour Pascal Mory, historien de l'architecture et architecte dans le 7ème arrondissement de Paris.

 

Avant d'estimer : "Il fait vraiment partie des grands architectes du 20ème siècle. Il a une histoire de lui tellement fascinante qu'il résume à lui tout seul, dans une partie, une histoire de l'architecture en Europe et dans une autre partie, une histoire de l'architecture."

 

"Béton brut, mais des courbes."

 

Enfin, la caractéristique de ses conceptions ? "Béton brut, mais des courbes." En prenant l'exemple de son unique conception en France, l'architecte australien a opté pour du béton brut, des grandes parois vitrées blanches et courbes… "C'est vraiment ça l'esprit d'Harry Seidler, qui malheureusement loin de l'Europe n'a pu construire seulement que deux bâtiments : l'un à Paris, l'autre à Vienne en Autriche."

 

Cet architecte est également connu pour avoir exprimé sans crainte ses sentiments publiquement. Il était ouvertement "méprisant" des bureaucrates et des administrateurs, nous explique-t-on.

 

En avril 2005, l'architecte a subi un accident vasculaire cérébral massif, à partir duquel il n'a jamais complètement récupéré. Il est décédé le 9 mars 2006, âgé de 82 ans. Son épouse Penelope réside encore dans la maison "Killara" iconique, et gère les finances de l'agence Seidler & Associates.

Découvrez dès la page 2, les principaux projets, dessins et plans de l'architecte australien exposés depuis le 7 septembre 2016 jusqu'en novembre prochain à l'Ambassade de l'Australie, 4 Rue Jean Rey, dans le 15ème arrondissement de Paris.

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