Voici une solution de haut vol ! Le projet Guano de Paris, présenté par Jean-Sébastien Poncet lors du salon Jardins, Jardin en juin, prévoit de récupérer la fiente de pigeon dans une volière design pour la transformer ensuite en compost pour les espaces verts des villes. Explications avec son concepteur.

Souvent décrié, il est certainement l'oiseau le plus mal aimé des villes. Lui, c'est bien sûr le pigeon. En Italie, sur la célèbre place Saint Marc de Venise, il a même subi le courroux de plusieurs associations reprochant à l'animal d'abîmer les statues.

 

Pourtant le pigeon n'a pas toujours été un pestiféré : un temps domestiqué pour sa viande, un autre pour la transmission de lettres et enfin, pour l'enrichissement des sols avec son guano. Néanmoins, aujourd'hui, difficile pour lui de trouver une place dans la cité.
C'est à partir de ce constat que le designer Jean-Sébastien Poncet a eu l'idée de créer Guano de Paris, un projet qui réhabilite l'oiseau. Mieux, son initiative utilise ses atouts : «C'est à notre tour de lui offrir le gîte et le couvert», plaisante l'inventeur. Ainsi, il a imaginé un pigeonnier design qui fixerait la population dans les parcs afin d'en contrôler la santé et les reproductions.

 

Un pigeonnier design
La construction est simple et s'appuie sur une structure porteuse dotée de boulins. «Ici, la réalisation de trois mètres de haut n'a pas de fond et les oiseaux entretiennent eux-mêmes leur espace», note le concepteur. Ensuite, il s'agit simplement de récupérer la fiente des volatiles pour la transformer en compost : «C'est lors d'un voyage en Turquie que j'ai constaté que certains habitants récupéraient la fiente de pigeon dans les troglodytes de la Cappadoce pour en faire de l'engrais. Et celui-ci est très prisé !», explique Jean-Sébastien Poncet. Et pour l'aider dans la réalisation, le designer s'est attaché les services de l'entreprise Tôlerie Forézienne, «le patron est même un passionné de pigeons», confie Jean-Sébastien Poncet. A l'heure actuel, le projet a séduit des importateurs intéressés de vendre la structure à des particuliers. Alors à quand un «Guano de Paris» dans les villes ?
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