Quelque 32,4 milliards d'euros seront investis dans l'optimisation des transports en commun d'Ile-de-France d'ici à 2025. L'Etat et la région ont signé un accord en ce sens, et devront maintenant trouver comment se partager la maîtrise d'ouvrage.

Il s'agit d'un «accord historique», selon le ministre de la Ville, Maurice Leroy, qui annonçait mercredi que l'Etat et la région Ile-de-France, représentée par Jean-Paul Huchon, avaient consenti à investir 32,4 milliards d'euros dans les transports franciliens d'ici à 2025. Le «Grand Paris Express» comprend un volet sur la modernisation des transports actuels, notamment les RER, mais aussi la réalisation d'un métro automatisé de rocade autour de Paris. L'Etat et la région «s'engagent à trouver les moyens d'un partage de la maîtrise d'ouvrage» des projets entre la Société du Grand Paris et le Syndicat des transports d'Ile-de-France. Le cadre de ce partage devra être élaboré au cours du premier semestre 2011.

 

La somme avancée, 32,4 milliards d'euros, ne compte pas le matériel roulant. Dans le détail, l'accord prévoit d'allouer 11,9 milliards d'euros à la modernisation du réseau existant et 20,5 milliards d'euros au réseau de métro automatique. Celui-ci comprend également le prolongement de la ligne 14 de métro au nord et au sud de Paris et une rocade autour de la capitale comportant deux arcs à l'est, dont l'un permettant une desserte en proche couronne depuis Saint-Denis. Le tracé et les modalités techniques de cet arc seront définis à la suite d'une mission d'étude mandatée par Maurice Leroy d'ici au 30 mars 2011, associant les départements du Val-de-Marne et de la Seine-Saint-Denis. Concernant les RER B, C et D, l'Etat et la région ont convenu de réaliser, avant fin 2013, des études portant sur le doublement du tunnel reliant Châtelet-Les Halles à la Gare du Nord, ainsi qu'une troisième paire de voix entre Paris et Juvisy (91).

 

Si les élus socialistes se sont déclarés «satisfaits du contenu de cet accord parce qu'il permet de débloquer la question des transports en Ile-de-France, centrale pour l'amélioration du quotidien de millions de Franciliens», Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé, d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ont attaqué cet accord, le jugeant «déconnecté des urgences et préoccupations des Franciliens». Selon la présidente d'EELV, «la précipitation et la forme de l'annonce font craindre une opération de communication du gouvernement qui ne répondra pas aux besoins urgents des Franciliens. […] Bien éloigné de leur préoccupation, le contenu de l'accord est de la poudre aux yeux des usagers des transports en commun qui ont besoin d'une réponse urgente».
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