Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, est parti à la rencontre, ce lundi 27 juillet, d'une PME familiale, l'Atelier des compagnons, spécialisée dans la transformation numérique du BTP, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). Au cœur des échanges : le BIM, la commande publique, le CICE et la formation.

Quelques jours après avoir dévoilé les contours de la réforme de la commande publique et au lendemain de l'adoption de la loi Macron, le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, a visité, ce lundi 27 juillet, l'Atelier des Compagnons, une PME de BTP familiale située au cœur de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) et dirigée aujourd'hui par les deux fils du fondateur Richard Bertini.

 

Accompagné de Bruno Le Roux, député de la circonscription et président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Emmanuel Macron est venu prendre le pouls de cette PME aux 180 salariés reconnue pour son savoir-faire et son expertise en matière de transformation numérique spécialisée dans la réhabilitation immobilière (résidentiel, tertiaire, équipements publics.) Ses deux maîtres-mots : l'impression 3D et les objets connectés.

 

"Dans nos locaux, on imprime à la demande les pièces utiles sur les chantiers", explique Michael Bertini, directeur général de l'entreprise, au ministre de l'Economie, très à l'écoute des applications concrètes dans le secteur du BTP. Avant de lui rappeler : "En 2004, notre entreprise employait quatre salariés et faisait 400.000 euros de chiffre d'affaires et nous avons terminé en 2014 à 40 millions d'euros de chiffres d'affaires avec 160 salariés et embauché 20 salariés cette année, résume Michael Bertini. Et nous savons que nous serons à 55 millions d'euros à la fin de l'année 2015." D'ailleurs, l'entreprise ne travaille plus que pour des professionnels, architectes et donneurs d'ordres, comme la SNCF ou la Ville de Paris et autres compagnies d'assurances.

 

"Il faut faire sauter tous les verrous qui empêchent l'investissement et le développement", Emmanuel Macron

 


A la fin de la visite, lors d'une séance d'échanges à huis clos, les deux dirigeants, Michael et Fabien Bertini, n'ont pas manqué de faire part au ministre des sérieuses difficultés qui existent pour utiliser chez les clients leurs fabrications digitales. "S'agissant des objets connectés, on met en place des détecteurs individualisés de fuites d'eau et capteurs numériques d'humidité qui délivrent aux gestionnaires immobiliers des informations précises sur de possibles sinistres ou sur la nécessité d'une maintenance", ajoute Michael Bertini.

 

"Je suis là pour montrer que ces entreprises comme la vôtre se transforme grâce aux innovations", a déclaré Emmanuel Macron. Avant d'ajouter : "Le secteur du BTP a beaucoup souffert, il est en train de se relever". Et de conclure : "Il faut faire sauter tous les verrous qui empêchent l'investissement et le développement".

 

Interrogé par Batiactu, Michael Bertini, s'est réjoui de la visite symbolique du ministre de l'Economie en Seine-Saint-Denis dans une entreprise de BTP 2.0 qui met l'accent sur le BIM. "J'ai trouvé le ministre accessible, à l'écoute et très professionnel dans sa façon de nous écouter et comprendre nos interrogations notamment sur la commande publique", a-t-il conclu.

 

 

L'apprentissage, levier contre le travail détaché
Quelques minutes après son passage à l'Atelier des Compagnons, le ministre de l'Economie, en présence de Philippe Galli, préfet de Seine-Saint-Denis et de Laurent Vilboeuf, directeur régional de la DIRECCTE d'Ile-de-France, a revêtu sa casquette de patron de l'industrie française au sein de Securiview, société spécialisée dans la sécurité informatique (20 salariés). L'occasion pour lui de discuter longuement et sans filtre avec notamment deux représentants du BTP spécialisées à Saint-Ouen, l'une dans l'étanchéité, l'autre dans le chauffage, la maintenance et les services. "Dans une situation économique très difficile pour le secteur, on ne parvient plus à embaucher dans le secteur de l'étanchéité à motiver les jeunes et je ne vous parle pas de l'apprentissage, a expliqué le patron de BTI group (étanchéité) fort de 30 salariés. Comment faire face également à des groupes comme Bouygues ici qui n'hésitent pas à recourir aux salariés détachés ! J'en ai vraiment marre de faire appel par exemple à mon neveu qui habite au Portugal pour travailler en France, s'est-il exclamé avec toute franchise. J'espère que l'on parviendra à trouver des leviers comme l'apprentissage pour résorber cette situation." Emmanuel Macron, très attentif à leurs échanges, a proposé à la DIRECCTE Ile-de-France de "mixer les échanges entre les acteurs de l'apprentissage, les directeurs de CFA et les missions locales."

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