Les grands groupes de BTP se sont emparés de la question Bim, et plus largement de celle de la construction numérique. Pour eux, elle présente des avantages en termes d'efficacité, de performance et d'économie. Mais comment cela s'applique concrètement sur le terrain ? Découvrez l'exemple de Vinci Construction.

Le Bim fait une percée fracassante dans l'univers du bâtiment. Depuis quelques temps, il se présente comme un outil incontournable des années à venir. Pour preuve, le Plan Transition Numérique dans le Bâtiment, présidé par Bertrand Delcambre, qui est entré dans le vif du sujet en janvier 2015.

 

Désormais, plus question pour les professionnels comme les architectes, les ingénieurs, les bureaux d'études de ne pas intégrer les problématiques du Bim dans leur façon de concevoir. Les grands groupes de BTP l'ont, eux aussi, bien compris : ils doivent relever ce défi. "C'est une avancée pour le BTP", note Philippe Robart, directeur ingénierie et innovation, chez Vinci Construction. Et de poursuivre : "Il n'y a rien de nouveau à créer des perspectives 3D, mais en revanche proposer des bases de données organisées afin de montrer les détails comme un coffrage, une moquette, oui".

Optimisation des tâches

Tous s'accordent à dire que la construction numérique doit faciliter et améliorer la vie d'un chantier. Le gain de temps (1 jour pour modéliser 1.000 m2), la meilleure répartition des tâches, la sécurité et le coût font partie des avantages cités régulièrement. Mais comment cela marche-t-il exactement ? Si chaque métier dispose de ses logiciels, l'ensemble des données sont par la suite regroupées : c'est ce qu'on appelle le Bim collaboratif. A ce propos, Philippe Robart détaille : "Chaque acteur fait ses modèles et nous faisons un point hebdomadaire pour consolider les données. On passe ainsi du Bim solo au Bim collaboratif. Objectifs : limiter les erreurs, chasser la non-qualité, remonter des remarques, etc". Pour aller un peu plus loin, Vinci a décidé de mettre en place une bibliothèque pré-paramétrée :"Les logiciels de Bim existants sont en quelque sorte des boîtes vides, c'est pourquoi nous avons développé une boîte à outils d'objets génériques", souligne Philippe Robart. Ce dispositif permet de faciliter le travail avec les partenaires et s'adapte aux différentes typologies de réalisations : logements, hôpitaux…

Des investissements à long terme

Si le Bim réside dans la façon de concevoir, la construction numérique repose sur la mise en œuvre, notamment en termes d'optimisation des coûts. Et ce même pour l'utilisateur final. D'ailleurs, le groupe Vinci a lancé un programme de logements, Primmea, dont l'objectif est de proposer des appartements 30% moins chers par rapport au marché. Le tout grâce à la construction numérique. Résultat : une politique a été mise en place pour soutenir le développement du procédé : "Si nous n'avons pas de Bim manager, nous formons progressivement nos équipes au management Bim. Une dizaine de personnes travaille à temps complet sur ce sujet. Actuellement, 10.000 postes sont concernés par la construction numérique au sein du groupe", précise Philippe Robart. Un effort et une ambition affichés qui nécessitent plusieurs millions d'euros d'investissements sur plusieurs années.

Des questions

Reste que de nombreuses questions se posent : si les grands groupes ont les moyens de s'atteler à la construction numérique, qu'en est-il de leurs sous-traitants ? Des métiers profiteront-ils davantage de ce nouveau procédé au détriment d'autres professions ? De même, les entreprises de petites et de moyennes tailles pourront-elles s'imposer et trouver leur place dans ce champ d'actions ? Le numérique, notamment dans le logement, ne risque-t-il pas d'entraîner une certaine standardisation des constructions ? Autant d'interrogations qui devraient alimenter les discussions des ateliers du plan transition numérique dans le bâtiment.
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