La président de la République a appelé, devant les préfets, les propriétaires de logement à baisser leurs loyers, à la suite de la baisse de cinq euros du montant des APL.

Emmanuel Macron a appelé "tous les propriétaires à baisser les loyers de 5 euros" par mois, pour compenser la baisse des APL décidée pour fin 2017 par le gouvernement, lors d'un discours devant les préfets mardi à l'Elysée. "J'appelle publiquement tous les propriétaires à baisser les loyers de 5 euros par mois", a déclaré le président de la République, qui s'est dit "surpris du silence collectif" et de l'absence d'appel "aux bailleurs sociaux, aux propriétaires à baisser le prix du logement". "C'est cela la responsabilité collective", a-t-il dit.

 

"Dans le Nord, je connais beaucoup de propriétaires qui ont décidé de baisser de cinq euros le montant du loyer", a de son côté récemment déclaré le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin dans un entretien à la Provence.


Un appel "complètement illusoire"

 

Tant les professionnels de l'immobilier que les défenseurs des locataires étaient sceptiques, mardi 5 septembre, quant à cet appel du président. Les représentants des locataires ne s'attendent pas à voir cet appel suivi d'effet. "Je crois que c'est complètement illusoire", a déclaré à l'AFP Eddie Jacquemart, président de la Confédération nationale du logement (CNL), qui a lancé une pétition pour protester contre la diminution des aides et réclame leur revalorisation. "Je préfèrerais que M. Macron signe un décret pour appliquer l'encadrement des loyers partout(...) ça ce serait efficace", a-t-il ajouté.

 

De leur côté, les professionnels de l'immobilier ne prévoient pas de relayer l'appel. "Il y a déjà un effort qui a été fait de la part des bailleurs", a affirmé à l'AFP Géraud Delvolvé, délégué général de l'Union des syndicats de l'immobilier (Unis), évoquant une "tendance générale à la baisse" des loyers en France. "On pense que c'est absurde, contre-productif et discriminant parce qu'on pénalise les propriétaires", a protesté de son côté Jean Perrin, président de l'Union nationale de la propriété immobilière (Unpi). "En revanche, on a dit au président de la République qu'on est prêts à discuter d'une modération des loyers mais à condition qu'on simplifie les rapports locatifs et qu'on revoie la fiscalité", a-t-il précisé à l'AFP.
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