Un projet de décret prévoit de réformer la gouvernance de l'Ecole nationale supérieure des Arts et Métiers, réduisant le nombre de sièges pour les anciens élèves. Opposés à cette modification, les 33.000 ingénieurs Arts et Métiers ont adressé une lettre ouverte au président de la République.

Un vent de colère souffle chez les ingénieurs de l'Ecole nationale supérieure des Arts et Métiers (ENSAM). Un projet de décret, porté par le ministère de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, entend réformer la gouvernance de l'établissement. Le texte, en cours d'élaboration, prévoit en effet de modifier la composition du conseil d'administration de l'école, ce qui conduirait, selon Jacques Paccard, président de la société des ingénieurs Arts et Métiers, à une représentation très minoritaire des anciens élèves. Une situation qui inquiète ces derniers. Pour le faire savoir, au nom des 33.000 ingénieurs diplômés, le porte-parole de l'association des anciens a adressé une lettre à François Hollande, dans laquelle il explique en quoi ce projet "déstabilise inutilement et menace la qualité de l'une des meilleures formations d'ingénieurs, reconnue dans le monde entier". Il souhaite donc que cette réforme soit arrêtée et qu'un "dialogue avec l'ensemble des acteurs concernés s'engage rapidement".

 

Présence et financement

 

Jacques Paccard précise au chef de l'Etat le rôle essentiel joué par les anciens élèves des Arts et Métiers, qui représentent notamment 33.000 diplômés, dont 6.000 dirigeants, 6.200 étudiants, 400 enseignants, chercheurs, etc… Au quotidien, ce sont d'ailleurs 2.000 anciens élèves qui oeuvrent bénévolement pour l'ENSAM, souligne-t-il. Selon lui, le lien entre les anciens élèves et les étudiants garantit la transmission des savoirs et des valeurs. La présence des anciens "permet d'allier expérience industrielle et connaissances des spécificités de la formation". "Pourquoi affaiblir l'un des fleurons de l'enseignement supérieur français, alors que notre pays évolue dans la compétition mondiale et a tant besoin d'ingénieurs performants et responsables ?", interroge le porte-parole des ingénieurs Arts et Métiers.

 

La présence des anciens va même plus loin. Jacques Paccard rappelle ainsi que "la Société des ingénieurs Arts et Métiers finance, chaque année, des projets de recherche, des séjours à l'étranger, des logements étudiants, des bourses et des prêts aux élèves, favorisant ainsi l'ascension sociale".

 

Depuis la publication de cette lettre, et face aux "innombrables demandes et commentaires", l'association des anciens élèves de l'école a lancé une pétition nationale contre le projet de réforme concernant la gouvernance de l'ENSAM.
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