Types de logements, matériaux constructifs, solutions énergétiques, équipements... Quelles sont les grandes tendances de la construction BBC en 2012 ? Eléments de réponse.

L'association Promotelec (association loi 1901 qui promeut l'usage durable de l'électricité dans le résidentiel) révèle, dans une étude qu'elle vient de publier, les grandes tendances de la construction de logements BBC, à travers son propre retour d'expérience. En 2012, 30.000 labels Promotelec Performance ont été délivrés, couvrant tous les types de logements : maisons individuelles, maisons individuelles groupées en lotissements ou habitat collectif. Mais le taux de pénétration "demeure très hétérogène et bas pour les maisons individuelles", souligne le document. Il reste, en effet, assez faible avec 12,2 % (+2,3 % par rapport à 2011) de permis de construire concernés par une demande de label BBC. Ces demandes concerneraient, une fois sur deux, de grandes surfaces habitables (supérieures à 135 m²) alors que la surface moyenne d'une maison individuelle est de 100 m². Le marché BBC resterait donc associé à des constructions "haut de gamme" et non à des logements destinés à des primo-accédants. Pour l'individuel groupé, le taux de pénétration est supérieur, à 39,2 %, tandis que pour le collectif, il atteint les 92 % des permis de construire. Sur ces deux marchés, les délais plus longs entre le projet et sa réalisation, demanderaient plus d'anticipation, justifiant plus facilement une demande de labellisation.

 

Modes constructifs et solutions énergétiques
Les modes constructifs n'ont pas évolué entre 2011 et 2012, avec toujours une nette prédominance de la brique (48,4 %) et du parpaing (26,3 %). Selon Promotelec, l'explication serait la suivante : "En trois ans, quelle que soit la zone climatique d'implantation, l'enveloppe globale du bâti n'a pas subi d'amélioration significative, en matière de performance thermique : les réponses aux exigences de la RT 2012 sont majoritairement intégrées dans les systèmes". Au niveau des solutions adoptées au niveau énergétique, le gaz reste lui aussi en position dominante (45 %, +7,7 % par rapport à 2011), alors que les pompes à chaleur électriques connaissent une baisse équivalente (35,4 %, -6,2 % en un an). En revanche, concernant la production d'eau chaude sanitaire, le thermodynamique électrique détient toujours la première place (48,4 %) devant les solutions au gaz (43,2 %). Le chauffe-eau solaire avec appoint électrique a connu une chute significative, n'atteignant que 7,3 % (-8 %). Dans le logement collectif, le gaz reste l'énergie très largement majoritaire, avec 81 % de parts de marché, tandis que les réseaux de chaleur sont largement utilisés dans l'habitat social.

 

Du point de vue des bouquets de solutions chauffage/eau chaude sanitaire/ventilation, l'ensemble "chaudière à gaz pour chauffage et ECS + VMC simple flux hygro B" domine dans le logement collectif (environ 62 %) et occupe une part significative dans l'individuel (31,2 %, +7,5 % par rapport à 2011). Là encore des questions de coût orienteraient les utilisateurs : "Les solutions plus élaborées, qui engendrent des surcoûts à l'installation et des charges d'entretien en exploitation, sont peu accessibles. Le couple consommation réelle (en énergie finale) et émission de CO2 ne guide pas le choix des équipements". Le comportement des occupants serait, par ailleurs, essentiel à l'optimisation de la performance énergétique. "Les équipements proposés par les maîtres d'ouvrage répondant à l'exigence réglementaire de 50 kWhep/m² impliquent en effet de nouveaux usages et de nouveaux réflexes que le particulier doit intégrer dans son quotidien", souligne Promotelec.

 

Du mauvais usage d'une maison BBC
Selon les résultats d'une enquête menée avec CSA auprès des occupants de constructions BBC, le choix d'un habitat BBC serait en fait plus dicté par une volonté de réduction de la facture énergétique (51 %) que par une préoccupation environnementale ou un confort accru. Corollaire, grâce aux économies - réelles ou supposées - le taux d'équipement en appareils électroménagers et de loisirs dans ces logements serait plus élevé que la moyenne. Néanmoins, "une forte proportion d'interviewés ne connaît pas la classe économique de ses équipements", reconnaît l'association. Lors d'une absence prolongée (plusieurs jours), seuls 42 % des personnes interrogées couperaient systématiquement leur chauffage et 15 % des sondés estiment que la température idéale serait de 19 °C (le seuil réglementaire)… Les deux-tiers des occupants placeraient cette température à 20 ou 21 °C. "Globalement, les occupants de maisons à étages, équipées de radiateurs électriques, de poêles à bois ou granulés, ou de chaudières ont un comportement plus économe en matière de chauffage que ceux qui habitent une maison de plain-pied", constate Promotelec. Dernière constatation, le confort thermique serait plus élevé en hiver (98 % de satisfaits) qu'en été (95 %). Des résultats finalement assez peu surprenants.
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