DIAPORAMA. Avec l'urbanisation toujours plus poussée des zones côtières ou fluviales et les changements climatiques planétaires, la problématique de l'étanchéité des constructions face aux eaux souterraines va devenir toujours plus prégnante. Il existe notamment une solution structurelle béton qui intègre l'étanchéité. Explications avec Vanessa Crenn, chef de projet pour Sika.

Le problème de la qualité des sols et de la disponibilité réduite des surfaces entraîne une densification des métropoles et l'édification de bâtiments d'une hauteur moyenne plus importante. Cette élévation des structures a un corollaire, celle de la construction de niveaux souterrains, afin d'abriter parkings et espaces de stockage. Or, le développement urbain est plus intense dans les zones côtières ou fluviales, faisant apparaître d'autres problématiques liées aux infiltrations d'eau et à l'étanchéité des constructions. Afin de répondre à ces besoins, Sika, groupe spécialiste de la question, a développé une nouvelle solution technique. "Le béton étanche existait déjà en Suisse et en Grande-Bretagne depuis une dizaine d'années. Il y a fait ses preuves et il est devenu 'traditionnel' chez eux. En revanche, cette solution n'est pas encore développée en France", nous explique Vanessa Crenn, chef de projet Béton étanche pour Sika France. "Nous avons travaillé plusieurs mois à l'introduction de ce concept sur le marché français", poursuit-elle.

 

Un matériau 2-en-1
La solution structurelle deux-en-un remplace les solutions "béton + étanchéité" classiques, qu'il s'agisse de produits rapportés sur l'extrados (membrane bitumineuse, bentonite ou PVC) ou sur l'intrados (revêtements d'imperméabilisation, mortiers ou résines). "Le béton étanche réalise les deux opérations en intégrant directement l'étanchéité. Nous avons travaillé sur plusieurs éléments clefs : la formulation du béton lui-même mais également le traitement des points singuliers des ouvrages par des bandes d'arrêt d'eau ou des joints hydrogonflants", détaille Vanessa Crenn. Les raccordements entre deux dalles font par exemple l'objet d'une attention soutenue, avec l'établissement de plans de calepinage précis identifiant les points faibles pour éviter les problèmes de retrait et de fissuration. Sika accompagne également les entreprises au moment de la mise en œuvre, depuis la centrale à béton jusqu'au chantier.

 

Un matériau intrinsèquement poreux
"Le béton préconisé est de type S4, plutôt fluide, ce qui garantit un bon enrobage, notamment des canalisations et autres points particuliers", signale la chef de projet. "Mais toutes les formulations de béton son possibles, pour satisfaire, à la fois le cahier des charges Sika et les exigences de conformité des clients". La spécificité du béton étanche réside dans ses additifs qui permettent d'atteindre le niveau de performance recherché et d'assurer sa durabilité dans le temps. Le groupe procède à divers essais, issus des réglementations britannique et suisse, afin d'évaluer les caractéristiques de ses produits. Notamment un essai de pénétration d'eau sous pression, soumettant pendant trois jours une éprouvette de béton étanche à 5 bars de pression d'eau (équivalent à une immersion sous une colonne de 50 mètres de liquide). Si le béton est intrinsèquement un matériau poreux, Sika cherche à minimiser ce trait. "La pénétration maximale acceptée est de 30 mm, afin que les armatures métalliques soient toujours préservées de la dégradation. Avec nos additifs, cette pénétration est limitée à 12-13 mm, des valeurs dignes d'ouvrages de génie civil plutôt que de bâtiments classiques !", déclare Vanessa Crenn. De même, pour la conductivité à la vapeur d'eau, Sika vise le flux le plus faible possible, avec une valeur de 6 grammes/m²/heure. "Nous nous trouvons largement en dessous, à 3 grammes/m²/heure", conclut-elle.

 

Différentes réalisations attendues en 2014
De ce fait, les bétons étanches s'adressent à deux grandes familles d'ouvrages : les bâtiments enterrés, qui doivent lutter contre les eaux (parkings, niveaux souterrains, archives…), et les réservoirs, qui au contraire doivent retenir de l'eau (piscines, bassins…). La solution technique, pas encore répandue, devra être adoptée très tôt dans les différents projets, afin que les bureaux d'études puissent intégrer le travail sur les points singuliers. Lancé officiellement en France au mois de septembre dernier, le béton étanche pourra compter sur différentes réalisations en 2014, parkings ou centres aquatiques. Chaque année, en Suisse et en Grande-Bretagne, ce sont environ 300 à 350 chantiers qui font appel à cette technologie encore peu répandue dans l'Hexagone.

 

Découvrez quelques réalisations faisant appel au béton étanches dans les pages suivantes.
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