
AM architecture & Intérieur ©
Une orangerie renaît de ses ruines (diaporama)
"Si les propriétaires avaient attendu ne serait-ce que quelques mois de plus, le bâtiment n’aurait probablement pas pu être sauvé", commente Jean-François Ardouin, l’architecte chargé de sa rénovation. Lorsqu’il l’a visitée la première fois, l’ancienne orangerie était en effet en très mauvais état : toiture entièrement détruite, infiltrations d’eau dans les murs, corniche effondrée par endroits, charpente en cours de désolidarisation... D’un point de vue architectural, le bâtiment présentait pourtant encore un réel attrait : de beaux volumes, une orientation idéale, de nombreuses ouvertures en façade... Pour couronner le tout, à l’extérieur, sa façade était ponctuée de pilastres extrêmement travaillés et, à l’intérieur, quelques murs en pierres restaient encore debout.
Conscient de la valeur de ces éléments, Jean-François Ardouin, architecte au sein de l'agence AM architecture & Intérieur, a pris le parti de les conserver et d’engager une rénovation la plus respectueuse possible. "Le but, explique-t-il, était de rénover le bâti existant de manière contemporaine, mais tout en gardant l’empreinte du passé".
Respect du bâti existant
Ainsi, le bâtiment, un immense rectangle implanté sur toute la largeur du terrain, a conservé son gabarit initial. Afin d’accroître la surface habitable, il a tout de même été discrètement agrandi. Un bloc a été ajouté à l’avant du bâtiment de manière à créer une "véritable" entrée et, un autre, à l’arrière, dans lequel ont été installés les sanitaires. Si le bâtiment a gardé ses proportions, il a aussi retrouvé son allure générale grâce, notamment, à la restauration de sa façade. Les pilastres qui l’agrémentaient ont en effet été reconstruits presque à l’identique : on y retrouve les mêmes soubassements, les mêmes chapiteaux, les mêmes briques rouges... Des éléments précieusement conservés avant le début des travaux et qui ont pu, une fois décapés et restaurés, être réutilisés.
Sur le plan technique, l’architecte a suivi la même logique que sur le plan esthétique. A quelques détails près, le système constructif est resté le même. Comme avant, la toiture est soutenue par une ossature métallique. Toutefois, le verre a été remplacé par du zinc.
Esprit loft
A l’intérieur aussi, certaines traces du passé subsistent. Ainsi, dans la chambre et dans la cuisine, des pierres de taille incrustées dans les murs indiquent l’emplacement des accès utilisés autrefois par les occupants de l’orangerie pour se rendre dans le bâtiment attenant.
Du point de vue de l’organisation intérieure, l’architecte a opté pour un plan simple et fonctionnel. Les pièces à vivre ont en effet toutes été installées au rez-de-chaussée et les pièces de nuit à l’étage. Conformément aux vœux des propriétaires, l’espace a été aménagé dans l’esprit loft. "L’idée était de faire quelque chose de très épuré de manière à mettre en valeur la structure du bâtiment", explique Jean-François Ardouin. Résultat : des pièces à vivre entièrement décloisonnés, des matériaux bruts et un mobilier réduit à son strict minimum.
L’architecte a achevé son travail avec la création d’une terrasse en bois à l’arrière du bâtiment. Grâce à elle, la maison entretient une forte relation avec l’extérieur. Encore un point commun avec l’orangerie !
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C. Chahi (25/01/2010)