MAISON D'ARCHITECTE. Matériaux écologiques et volonté de respecter la réglementation ont conduit l'architecte Patrice Bideau à concevoir une maison bioclimatique à ossature bois et béton au cœur du Golfe du Morbihan, réputé pour sa douceur de vivre. Découverte de ce havre de paix 100% vert.

Détruire pour mieux construire. C'est ce que Patrice Bideau, architecte, a entrepris au cœur du Golfe du Morbihan, à Baden, en livrant, fin 2012, cette maison bioclimatique. A l'origine de ce projet : un pavillon des années soixante-dix qui devait être agrandi. Mais pas n'importe comment, précisent les propriétaires. En effet, ils veulent transformer l'habitat ancien dans le respect de la performance énergétique et utiliser des matériaux écologiques au maximum.

 

Or, la maison d'origine est en ossature métallique et possède des panneaux de plaques de béton, ce qui n'est pas pour le mieux lorsqu'on souhaite une construction "verte" et conforme à la RT 2005. Alors, l'architecte leur propose de détruire l'habitat et d'en construire un nouveau, qui, cette fois, pourra répondre aux normes BBC. Il prévoit d'y installer une pompe à chaleur couplée à un ballon de 200 litres d'une puissance de 7.8 kW pour une performance finale de 47 kWh/m2/an. Exit la structure métallique, place à une ossature mixte béton et bois sur la partie la plus haute du terrain, afin de reconstituer le terrain originel sur lequel était édifiée la villa des années 70. Patrice Bideau imagine donc une maison en trois volumes, avec un rez-de-chaussée bas et haut, une terrasse ouest et sud et un étage. L'habitation qui se veut bioclimatique est donc orientée sud-ouest pour sa façade principale, avec son pignon côté Golfe pour profiter au maximum de la vue.

 

L'étanchéité, un enjeu majeur
Une des contraintes principales de ce projet a été la maîtrise de l'étanchéité à l'air… situation en bord de mer oblige ! Ainsi, le mur situé au nord, ainsi que les refends, sont en parpaings de béton pour la stabilité, et revêtus de plâtre traditionnel pour une étanchéité optimale, qui participe aussi à l'inertie thermique de cette maison bois. Une isolation par l'extérieur en laine de roche de 120 mm a même été adoptée sur le mur au nord, tandis que des freins vapeur sont installés sur les murs et les rampants. Au final, le test d'étanchéité a révélé un résultat de 0.54 m3/h/m2.

 

Pour une parfaite intégration dans son environnement marin, la maison est parée d'un bardage bois, peint en gris, conformément aux règles du PLU, posée sur une isolation en ouate de cellulose sur laquelle sont fixées des plaques de plâtre sur tasseaux de bois. Les rampants, quant à eux, profitent d'une isolation en laine de roche de 300 mm.

 

Exit la PAC !
Cependant, la conception et l'orientation de la maison ont permis, en cours de chantier, d'abandonner l'option PAC+ballon au profit d'un chauffe-eau thermodynamique pour l'eau chaude sanitaire et d'un poêle de 7 kW pour le chauffage, épaulé par des convecteurs à fluide caloporteur si besoin. Après avoir installé tous ces équipements, la maison affiche désormais une performance de 97 kWh/m2/an.

 

Echouée dans le Golfe, cette maison est aujourd'hui un écrin confortable et intégré à son site d'origine pour ses occupants férus de mer et de voile.
actionclactionfp