Eurovia utilise un combustible biosourcé, issu des pins, pour alimenter les brûleurs d'une unité de production d'enrobés. Un exemple d'économie circulaire réussi qui est le fruit du travail de la société DRT, spécialiste français de la chimie verte. Détails.

L'histoire ne dit pas si les enrobés sentent le pin des Landes. Mais leur impact environnemental est désormais amoindri et la production se trouve quelque peu verdie par l'adoption d'un nouveau process. L'entreprise Eurovia (groupe Vinci) s'est en effet engagée dans une démarche d'économie des ressources en optant pour un nouveau combustible biosourcé, en lieu et place du fioul lourd, ce combustible fossile issu du pétrole.

 

Thibault Lauze, ingénieur matériel chez Eurovia GPI Grands Travaux, révèle dans une vidéo : "Le principe de fonctionnement d'une centrale d'enrobé consiste à mélanger des granulats, issus de carrières ou du rabotage d'une route existante, avec un liant bitumineux. Ce mélange se fait dans un tambour sécheur-malaxeur. Le combustible utilisé pour le séchage des granulats sur l'ensemble des centrales mobiles est le fioul lourd". Une solution de substitution a donc été trouvée auprès de DRT, une entreprise de Dax (Landes) spécialisée dans la valorisation de la colophane et de l'essence de térébenthine, deux coproduits de l'industrie papetière. Cette dernière a mis au point le Dertal G, un fuel végétal capable de remplacer le fioul. Moyennant "de bonnes conditions de stockage et de réglage du brûleur" ce biocombustible assure "les mêmes performances à l'installation d'enrobage" précise l'ingénieur. Un exemple concret d'économie circulaire, puisqu'il s'agit de valoriser des coproduits d'un autre procédé local plutôt que d'importer à grands frais des ressources extraites du sol.

 

Bénéfice écologique ET économique

 

"Ca m'a paru étrange que personne n'y ait pensé avant, à substituer le fioul lourd par un combustible d'origine végétale", avoue Thibault Lauze, qui se montrait sceptique à l'origine. Mais l'ingénieur assure que toutes les dispositions de sécurité ont été prises pour pouvoir remplacer le carburant. Clément Guillot, ingénieur travaux au sein d'Eurovia, raconte : "Sur l'A63 on a réalisé le chantier, en débutant au fioul lourd puis en passant au Dertal G et on n'a senti aucune différence. Ça nous a permis de réaliser exactement les tonnages prévus". Le groupe précise avoir vérifié qu'aucun impact supplémentaire n'était à craindre par rapport à ce changement de combustible qui amène simultanément un gain économique et environnemental. Eurovia espère maintenant adopter le Dertal G à plus grande échelle.

 

D'autres chercheurs français travaillent eux à l'élaboration d'un bitume d'origine algale pour rendre les rubans d'asphalte toujours plus verts. Des bio-enrobés chauffés par des biocombustibles, voilà qui serait doublement intéressant !
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