En plein de cœur de Paris, un bâtiment haussmannien est en train de subir une restauration alliant préservation patrimoniale et préoccupation environnementale. Au programme : ravalement de façades, restauration et surtout pose de panneaux photovoltaïques en toiture. Visite du chantier.

Au cœur d'un quartier haussmannien parisien, le chantier du 10 rue de la Boétie est en train de s'achever dans un climat d'exemplarité patrimoniale et environnementale.

 

Ces deux préoccupations, qui n'ont jamais quitté l'architecte Pierre Weiler à la tête de ce programme de réhabilitation d'immobilier de bureaux, ont permis de déboucher sur un projet ambitieux. Parmi les travaux les plus importants, on peut citer la restauration des façades sur cour : «Les particularités patrimoniales des façades étaient liées à la présence d'un enduit plâtre et chaux avec un décor très fin de tables saillantes, bandeaux moulurés, encadrements de baies, corniche (…) Compte tenu du mauvais état sanitaire des enduits, une restauration en recherche était exclue ; le projet s'est immédiatement concentré sur la réfection à l'identique en plâtre et en chaux teintée dans la masse de tous les enduits et modénature de la façade», explique l'architecte. Concernant l'intérieur, le travail devait s'accommoder d'une contrainte de la part du maître d'ouvrage, Aréas Assurances, celle de l'aménagement d'open space. Toutefois, l'architecte a fait en sorte de conserver une pièce disposant des éléments historiques : «Dans cette pièce, on trouve un parquet, des moulures, une cheminée… et nous avons préservé et rénové au maximum. Aujourd'hui, on pourrait presque tourner un film Napoléon III si c'était nécessaire», s'amuse Pierre Weiler.

 

Des panneaux photovoltaïques sur le toit
S'il était difficile de respecter l'environnement dans cette pièce, les autres parties du bâtiment ont été repensées dans un esprit «vert». Au programme : menuiserie isolante, isolation des combles, double vitrage… Mais l'originalité de ce chantier se situe au sommet de l'immeuble puisque la toiture à double pente a été refaite en y intégrant des panneaux photovoltaïques. Ainsi, le choix s'est porté sur le système Rheinzink PV, «un produit qui s'intègre bien dans la toiture», précise l'architecte. De plus, les panneaux sont en silicium amorphe, ce qui assure un fonctionnement toute l'année même quand il pleut», indique Pierre Weiler. Seul bémol, le rendement de ces équipements est inférieur à celui des autres panneaux. Au total, 42 bacs (18 orientés au nord et 24 au sud) couvrant 49 m2 de surface photovoltaïque ont été posés. L'installation est d'une puissance de 2,85 KWc avec une production annuelle théorique de 2.600 KWh hors influence des ombres. Et ce procédé semble avoir de l'avenir car le couvreur du chantier, Francis Arsene, de couverture GF, et l'architecte s'accordent à dire que ce type de pose peut s'appliquer à de nombreux toits parisiens.
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