Symbole architectural fort et parfois emblématique des villes, la tour n'a cessé d'évoluer depuis son apparition en Europe au début du XXe siècle. Moins haute que les gratte-ciel américains ou asiatiques, la tour européenne a néanmoins ses spécificités et son histoire. C'est ce que retrace l'exposition «L'invention de la tour européenne», qui s'ouvre prochainement à Marseille.

Quelle est la place de la tour dans les paysages urbains d'Europe et comment a-t-elle évolué au fil des décennies ? C'est ce que propose de découvrir l'exposition «L'invention de la tour européenne», qui s'ouvre le 12 mai à la Maison de l'architecture de la ville de Paca, à Marseille.

 

La tour, en Europe, est née au début du XXe siècle sur le modèle des gratte-ciel américains qui délimitent le «skyline» et permettent d'identifier les grandes villes en un coup d'œil. Mais les tours européennes ont leurs propres spécificités, comme le montrent les deux commissaires de l'exposition, les architectes Ingrid Taillandier et Olivier Namias : entre fascination et rejet, elle apporte très vite une solution à la congestion des villes mais «les concepteurs ont toujours cherché à dépasser le simple empilement de plateaux pour l'investir d'une véritable vie par la création d'espaces de rencontre, de lieux publics, faisant d'elle une ville verticale».

 

Neuf villes, neuf attitudes
La scénographie de l'exposition, imaginée par l'architecte Manuelle Gautrand, transporte le public au trentième étage d'une tour imaginaire. Le spectateur se retrouve devant un panorama incroyable regroupant neuf villes d'Europe. Paris, Copenhague, Francfort, Londres, Madrid, Milan, Bruxelles, Vienne et Rotterdam racontent en effet, à travers la présence de tours emblématiques (telles le «Gerkin» londonien) ou de nouveaux quartiers, l'histoire de la tour en Europe. «Chacune de ces villes a adopté au fil de son histoire des politiques spécifiques pour l'implantation de ces bâtiments hauts. Et toutes, aujourd'hui, cherchent à mettre en place les outils et les conditions pour poursuivre cette histoire», notent les commissaires de l'exposition.

 

Ces neuf villes ont également des attitudes singulières vis-à-vis de la hauteur et donnent à comprendre «le paysage de la métropole européenne de demain». L'exposition présente les maquettes de projets en cours dans ces villes, mais retrace aussi la chronologie de la tour, de ses premiers pas au début du XXe siècle, jusqu'aux projets de demain, en passant par les années 1960 et 1970 et les innovations apportées par les architectes à cette époque dans les immeubles hauts de logements, «occultées par la prédominance récente des programmes de bureaux dans le domaine de la construction de tours», expliquent Ingrid Taillandier et le Olivier Namias.

 

Aujourd'hui, la tour continue à se réinventer, en vert. A travers l'exposition de projets en cours, les commissaires de l'exposition montrent que ce type de bâtiment est encore et toujours lieu de création, d'imagination et posent la question : «La tour, sommée de devenir écologique, servira-t-elle de laboratoire aux procédés inédits du développement durable ?»

 

Exposition
L'invention de la tour européenne
Du 12 mai au 16 juillet 2010
Lundi-vendredi : 9h-13h et 14h-18h
Maison de l'architecture de la ville de Paca
12, bd Théodore Turner, Marseille (6e)
Entrée libre
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