«Corriger les dysfonctionnements originels» et améliorer l’accueil des visiteurs, sans dénaturer le site gigantesque imaginé il y a plus de vingt ans par l’architecte Adrien Fainsilber : tel est l’enjeu du grand projet de rénovation de la Cité des sciences, implanté dans le nord de Paris. Le site, qui s’étend sur trois hectares extérieurs et 7.500 m² intérieurs, accueille quelque trois millions de visiteurs chaque année. Les travaux, qui devraient durer jusqu’en 2012, s’attacheront principalement à réaménager les abords du bâtiment, à redessiner les circulations dans un contexte urbain en mutation.
En matière de «dysfonctionnement», on pense immédiatement à la grande dalle de béton menant à l’entrée nord du bâtiment. Un parvis un peu triste, contrastant avec l’entrée sud bordée de verdure où trône la Géode. «Au départ, on imaginait que tout le monde arriverait par le sud, en traversant le parc», explique Frédéric Poisson, directeur de programme à la Cité des sciences. Mais dès l’ouverture du musée en 1986, la grande majorité du public emprunte l’entrée nord, plus pratique pour les usagers des transports en commun et ceux venant par le périphérique. La rénovation va donc ajouter un peu d’humanité à cette entrée, qui ressemblera, dans le futur, à une véritable promenade végétalisée où les visiteurs pourront se détendre.
Ecriture industrielle
«Ce bâtiment a été, à un moment donné, adapté à son usage, mais 23 ans plus tard, l’usage a évolué», remarque l’architecte Etienne Tricaud, directeur général du groupe Arep, qui a été sélectionnée pour ce projet. «On continue à jouer la musique de ce bâtiment en écrivant une nouvelle page de son histoire. On garde une écriture très industrielle et monumentale», indique t-il en rappelant que le site accueillait, jusque dans les années 1970, les abattoirs de la Villette.
Dans le grand bâtiment long de 250 mètres, la signalétique sera repensée pour mieux accompagner le visiteur dans son parcours à travers le musée, et le grand hall d’accueil va être mis en valeur et baigné de lumière naturelle, via l’atrium faisant face à la Géode qui sera complètement ouvert. Ces travaux, qui seront réalisés en plusieurs tranches afin de ne pas fermer le musée, seront réalisés entre 2010 et 2012 pour un montant de 17 millions d’euros. Un autre grand chantier doit démarrer en 2010, le projet «Villette perspective» qui prévoit l’aménagement de la quatrième travée du bâtiment de la cité. 30.000 m² de surface aménagés par l’opérateur Apsys seront dédiés au loisir, avec notamment un multiplexe numérique comprenant 16 salles de cinéma et 1.700 m² de restaurants.