PRÉVENTION. Les incendies et en particulier ceux intervenus à l'origine sur des sites de stockage continuent de représenter une part massive de l'accidentologie du tissu industriel français. Plus de 10 % des accidents recensés dans l'industrie en France sont des incendies d'entrepôts.
Cette sinistralité entre autres mise en évidence par la circulaire DPPR/SEI du 21/06/00 a aussi été l'origine d'une réglementation plus précise et plus contraignante en matière de sécurité incendie dans les entrepôts couverts, visés par la rubrique 1510 de la nomenclature des ICPE. Malgré les évolutions et la rigueur législative en place, l'accidentologie reste élevée compte tenu de l'évolution significative de la taille et du nombre d'entrepôts sur le territoire français.

Un maillon sensible de la supply chain

Cette constance dans la sinistralité s'explique en partie par l'évolution des modes de consommation. Avec l'essor du e-commerce et du m-commerce, de plus en plus de plateformes logistiques voient le jour pour répondre à la demande croissante des besoins en logistique et en livraisons. L'étude menée par la Fédération du E-commerce et de la Vente à Distance (FEVAD) en atteste et inventorie que plus de 500 millions de colis ont été expédiés en France en 2017, marquant ainsi une progression de 10,5 % par rapport à l'année précédente.

L'augmentation du nombre de sites logistiques et des surfaces d'exploitations n'est pas pour autant l'origine des accidents. Un accident peut relever de plusieurs causes et engendrer des conséquences plus ou moins lourdes.

A l'inverse de tous les autres projets de construction qui dès l'origine ont une vocation et un usage précis (un cinéma, un immeuble, des bureaux, un hôpital…) les équipes de maîtrise d'oeuvre n'ont pas toujours connaissance de la nature des futurs matériaux entreposés dans un EPL (entrepôt et plate-forme logistique) au moment de la construction. Cette inconnue ne leur permet pas d'anticiper un risque lié à un usage spécifique du bâtiment, comme par exemple prescrire la mise en oeuvre d'évents d'explosion dans la zone technique d'un hôpital car des bouteilles de gaz médicaux y seront forcément stockées.

Cependant et pour faire face à l'accidentologie recensée ces dernières années et pour répondre à la législation en vigueur, les architectes et bureaux d'études techniques doivent tenir compte du risque incendie sur le plan constructif. Car comme le rappelle Pascale Limonier du Centre National de Prévention et de Protection (CNPP) "Le risque majeur en entrepôt, c'est l'incendie".

"Le risque majeur en entrepôt c'est l'incendie"

Cette prédominance du risque incendie, relayée par des experts du secteur et l'élargissement des obligations en matière de sécurité incendie à tous les entrepôts couverts se comprennent aisément.

Le risque incendie est bel et bien présent dans les entrepôts et ce même si la matière entreposée ne présente pas de caractère inflammable ou combustible par nature. Les emballages et des matériaux de conditionnement (palettes, barils) bien souvent du carton, du bois et du plastique sont indissociables de l'activité des sites logistiques et ils présentent eux un caractère hautement inflammable et propice à la propagation d'un incendie dans la globalité d'un bâtiment.

C'est une des raisons qui impose aux EPL un dimensionnement spécifique des cellules de stockage, une superficie maximale pour des cantons de désenfumage et toutes les autres dispositions constructives applicables au regard de l'arrêté du 11 avril 2017 visant à prévenir et mieux contrôler les incendies.

Système incendie : les plus technologiques sont-ils les plus infaillibles ?

Les équipements de prévention et de sécurité incendie sont de plus en plus performants, la surveillance en temps réel ou les systèmes de détection précoce d'incendie par caméras thermiques mêlent de nouvelles technologies aux rudiments des systèmes SSI pour toujours apporter plus d'innovation à la prévention incendie.

Pour assurer leur efficacité autant sur le plan préventif qu'opérationnel, ces systèmes tout comme les dispositifs de désenfumage classiques exigent des essais et de la maintenance sur site tous les 6 ou tous les 12 mois afin de mener les opérations de vérification et de maintenance prescrites dans la norme NF S 61-933.

Un DENFC infaillible : simple comme APC

Conçu sur le même principe de fonctionnement qu'un simple sprinkler, toutefois efficace dans 98% des départs d'incendie, le DENFC APC Dayliter est un dispositif de désenfumage thermo-réactif à action automatique.

Lorsque la chaleur à l'intérieur du bâtiment dépasse la température seuil de +82°C, la membrane de ce dôme breveté change d'état et se rétracte de son cadre. La superficie du dôme est alors totalement libérée pour évacuer les fumées toxiques et les gaz de combustion. La seule condition à son efficacité est la chaleur provoquée par un départ d'incendie.

La force de ce dispositif réside aussi dans le fait qu'il n'exige aucune actions humaines ou mécaniques (cartouches de gaz inerte, vérins ou autres éléments susceptibles de se gripper). Les opérations obligatoires de maintenance ne sont pas applicables à ce dispositif de désenfumage marqué CE et certifié EN 12101-2. Cet avantage permet aux structures de déployer des systèmes SSI complémentaires en employant les économies faites sur le budget maintenance.

Ressources additionnelles :

Conférence sur l'évacuation du souffle d'explosion et le désenfumage 6 faits à considérer dans une démarche de prévention de l'incendie [Infographie]