CLASSEMENT. SeLoger dévoile les 10 villes moyennes qui verront les constructions neuves bondir dans les deux années à venir et confirme par ses études, l'attrait nouveau des Français pour ces territoires et les nouveaux besoins qu'ils expriment à la suite de la crise sanitaire. Les professionnels doivent, désormais, adapter leurs offres à ces nouveaux usages.
Les permis de construire octroyés hier font les chantiers d'aujourd'hui. Avec SeLoger, les recherches d'aujourd'hui font les permis de construire de demain, et donc, les chantiers d'après-demain. "Nous invitons donc les constructeurs de maisons individuelles à se pencher plus particulièrement sur les dix villes qui concentrent la part la plus importante des recherches sur SeLoger Construire", a conseillé Cécilia Ranson, le mercredi 20 octobre 2021, dans le cadre d'une conférence organisée lors du salon Rent (*voir la vidéo ci-dessous).

La porte-parole de SeLoger Construire a ainsi détaillé ces dix villes moyennes qui ont la cote : Dreux (28), Compiègne (60), Bourgoin-Jallieu (38), Chartres (28), Montauban (82), Quimper (29), Salon-De-Provence (13), Avignon (84), Béziers (34) et Libourne (33).

"Créons du foncier dans ces villes pour pouvoir construire, a appelé de ses voeux David Lacroix, président Île-de-France du Pôle Habitat de la FFB, qui était à ses côtés. Mais comment ? "Les maires doivent donner la possibilité de construire dans les dents creuses et dans les lots arrières, a-t-il énoncé. Je pense, par exemple, aux maisons des années 80, bâties sur de grands terrains. Actuellement, les acquéreurs recherchent plutôt des petits terrains, de 300 à 500 m². Nous pouvons construire grâce à une division parcellaire sans trop densifier."

Depuis la pandémie, les villes moyennes prennent en effet leur revanche face à la métropolisation : les ventes de maisons individuelles ont bondi au premier semestre 2021, de +16,3% par rapport à celui de 2019, avant la crise (Source : FFB à partir de CGI bâtiment/Caron Marketing, Markemétron et MTE/CGDD/SDES, Sit@del2).

L'attrait des villes moyennes, une tendance de fond



"Ce n'est pas un effet de mode" selon Cécilia Ranson : l'avènement des villes moyennes et l'intérêt grandissant pour le neuf dans ces territoires se poursuivra dans les années à venir. "Selon nos études (Observatoire du moral immobilier, mai 2021), près d'un porteur de projet sur deux intéressé par l'immobilier neuf recherche une maison. Et 48% d'entre eux souhaitent la faire construire", a-t-elle annoncé. Une tendance corroborée par le président Île-de-France du Pôle Habitat de la FFB : "Avec la crise sanitaire et les confinements successifs, les Français ont pris conscience de ce qui était vraiment important. Avoir un accès direct au théâtre est devenu subsidiaire, pouvoir partager des moments en famille au grand air, dans son jardin, essentiel," selon David Lacroix.

La campagne et les petites villes séduisent : selon les études de SeLoger, 34% des acheteurs recherchent pour 13% en zone rurale et pour 34% dans une petite ville de 2.000 à 20.000 habitants, soit trois fois plus qu'en mai 2020.

L'essor du télétravail impacte également cette tendance : 46% des porteurs de projets sont concernés par le télétravail, 40% recherchent une surface plus importante avec une pièce fermée et 28% envisagent la localisation géographique de leur futur bien différemment.

D'une notoriété locale à une visibilité nationale : l'offre "Delta", une réponse au besoin des constructeurs de maisons individuelles

Face aux nouveaux usages des Français, avec "une part de la population qui regarde différemment sa façon de vivre", comme le rappelle David Lacroix, président Île-de-France du Pôle Habitat de la FFB, il est nécessaire pour les constructeurs, d'acquérir désormais une visibilité nationale. "Aujourd'hui, on sait qu'une notoriété locale ne suffit plus pour les constructeurs" explique Cécilia Ranson, porte-parole de SeLoger Construire : "Un habitant de Dijon peut chercher à déménager à Salon-de-Provence, par exemple : il aura besoin de connaître les constructeurs opérant dans cette région." Afin de répondre à cet élargissement de prospection pour les futurs acheteurs et accompagner les professionnels dans ces nouveaux usages, le Groupe SeLoger lance ainsi une nouvelle offre baptisée "Delta" à l'intention des constructeurs, comprenant une multidiffusion complémentaire sur les trois sites 100% immobilier du groupe que sont SeLoger, Logic-Immo et SeLoger Construire.

Hausse de prix à deux chiffres pour les maisons neuves



En parallèle, les prix grimpent. En moyenne, une maison trouve son nouveau propriétaire pour 150.543 euros selon SeLoger. Et pour les projets neufs, la construction d'une maison associée à l'achat d'un terrain porte le budget moyen des futurs propriétaires à 249.377 euros (+4% de plus en un an, moyenne observée de février 2021 à août 2021 vs moyenne observée de février 2020 à août 2020). Ces tensions "s'expliquent par hausse de la demande, mais aussi par l'émergence d'une nouvelle typologie d'acquéreurs, décrypte Cécilia Ranson. En s'installant dans les villes moyennes, les urbains disposent d'un pouvoir d'achat plus élevé. Enfin, les candidats à l'accession cherchent à vivre dans un logement plus grand, de 103 m² en moyenne, soit 2% de plus sur un an."

La façade Ouest et le Grand-Est tirent leur épingle du jeu. Dans ces territoires, l'octroi des permis de construire a littéralement bondi (Entre septembre 2020 et août 2021, par rapport à septembre 2019 et août 2020. Source : ministère du Logement) : +31% pour la Bretagne, +27% pour les Pays-de-la-Loire et +25% pour la Nouvelle-Aquitaine. Dans le Grand-Est, les autorisations de construction explosent (+38%). Et si à l'échelle nationale, le prix moyen du m² des maisons neuves hors foncier progresse de 3% sur un an pour se fixer à 1 456 euros, ce tarif connaît des progressions à deux chiffres dans une douzaine de villes de France.

Sur la façade Ouest, à Agen, le prix moyen oscille autour de 1.744 euros (+18%). Il atteint 1.528 euros (+17%) à Bergerac, 1.532 euros (+10%) à Auch, et 1.498 euros (+13%) à Montauban. Plus au Nord, Angoulême voit son prix moyen prendre 25% sur un an, à 1.462 euros du m². À Niort, le prix du m² des maisons neuves hors foncier avance de 13% à 1.565 euros. En Bretagne, Concarneau et Quimper connaissent une progression des tarifs de 10% à 1.484 euros du m². Et à Laval, il faudra débourser 1.591 euros du m² (+11%).

Des villes bien desservies et attractives



À l'Est, Troyes voit les prix du m² des maisons neuves hors foncier progresser de 21% à 1.640 euros, même augmentation dans la ville de Romans-sur-Isère, avec un tarif toutefois plus faible : 1.491 euros. Enfin, Mâcon et Dole voient les prix progresser de 12%, et se fixer respectivement à 1.638 euros et 1.540 euros. "Il s'agit de villes moyennes dotées pour la plupart d'une connexion avec une métropole, notamment par le rail, réputé plus pratique, estime David Lacroix. Ces villes misent également sur l'attractivité d'un point d'intérêt naturel, comme la mer, une rivière, une zone montagneuse ou de collines, où l'on peut faire du sport en famille ou avec des amis."

*Retrouvez ci-dessous, la vidéo de cette conférence