Xavier Huillard est le PDG du groupe Vinci depuis 2010. En 2016, ce géant mondial du BTP et des concessions a réalisé 38 milliards de chiffre d'affaires pour 2,5 milliards de résultat net, comptant plus de 183 000 employés dans une centaine de pays.

Né le 27 juin 1954, Xavier Huillard est polytechnicien et ingénieur des Ponts et Chaussées de formation. Après un bref passage dans la fonction publique, il a intégré le futur groupe Eiffage en 1982. Il y redresse des filiales, puis acquiert une expérience certaine à l'international, notamment au sein de la Sogea (filiale du groupe de construction de la Société Générale d'Entreprise, alors elle-même filiale spécialisée dans le BTP du groupe Compagnie générale des eaux). Pressenti un temps pour prendre les rênes du groupe Eiffage, il rejoint Vinci au tournant du millénaire.

 

Parcours professionnel


- 2010 : Président-directeur général du groupe Vinci.
- 2006 : Directeur général et administrateur du groupe Vinci.
- 2000 : Président de Vinci Construction.
- 1998 : Directeur général adjoint chargé de l'international, puis président de Sogea.
- 1993 : Président-directeur général de SAE.
- 1982 : Entre au groupe Fougerolle, future composante du groupe Eiffage.
- 1979 : Chargé de l'arrondissement de Saint-Lô à la Direction départementale de l'Équipement de la Manche.

 

Les grands chantiers de sa carrière


Bon sang ne saurait mentir. L'un de ses aïeuls fut architecte de la ville de Paris au milieu du XIXe siècle et son père dirigea la construction de basilique de Yamoussoukro, en Côte d'Ivoire, conçue sur le modèle de Saint-Pierre de Rome.

 

Pour autant, avant d'être à son tour un bâtisseur, Xavier Huillard débuta son itinéraire dans le privé en restructurant une filiale de Fougerolle, Bornhauser Molinari, en Bourgogne, et un peu plus tard une autre filiale aux États-Unis où il séjourne deux ans. Des états de service récompensés en 1993 : nommé PDG de la SAE, cet homme fort du BTP devient aussi un spécialiste de la construction... des groupes. C'est le temps de la fusion de la SAE (qui avait absorbé Eiffel Construction en 1990) avec Fougerolle, ce qui donne naissance à Eiffage la même année. En 1998, Xavier Huillard prend les rênes de la Sogea et les observateurs s'accordent à voir en lui le futur n°1 d'Eiffage dont le PDG Jean-François Roverato le considère comme son poulain. Mais à la surprise générale, Xavier Huillard finit par claquer la porte et rejoint le concurrent, Vinci. «Il ne me supportait plus, il avait besoin d'oxygène» expliquera plus tard Jean-François Roverato à Capital, en 2010.

 

D'abord en charge de Vinci Construction, Xavier Huillard accède dès 2006 au conseil d'administration du groupe dont il devient directeur général. Cette même année, c'est lui qui est à l'origine de la chute précipitée d'Antoine Zacharias, dénonçant dans un courrier les émoluments disproportionnés du grand patron de Vinci. Il parvient cependant à renouer les liens entre les pro et anti-Zacharias au sein du conseil d'administration et en 2010, Xavier Huillard est propulsé PDG.

 

Entre-temps, l'homme du bâtiment a su démontrer son savoir-faire dans le nouveau métier du groupe : la concession. Le slogan de Vinci est bien désormais d'insister sur cette double vocation : « Notre mission est de concevoir, financer, construire et gérer des infrastructures et des équipements qui contribuent à l'amélioration de la vie quotidienne... » Routes et autoroutes, aéroports, parkings ou voies ferrées : Vinci construit et gère ensuite. Xavier Huillard retrouve (un peu) alors sa philosophie de serviteur de l'État (il a débuté comme fonctionnaire en Normandie). « Chez Vinci, nous nous définissons comme une entreprise privée d'intérêt public. Car l'administration n'a pas le monopole de l'intérêt public ! Elle doit être capable d'élaborer des cadres de régulation permettant de s'assurer que le partenaire, qu'il soit privé ou parapublic, réalise la mission de manière conforme à l'intérêt collectif. Le cas typique, ce sont les autoroutes : Vinci intervient sur des missions de service public avec un cadre de régulation très précis et des indicateurs de performance que nous devons scrupuleusement respecter» explique-t-il à Acteurs publics en 2015.

 

Reste que cet héritier de bâtisseurs qui dirige l'un des leaders mondiaux du secteur a gardé son goût pour le travail bien fait. Si l'actualité l'oblige parfois à défendre l'honneur de Vinci (accusé un temps de fermer les yeux sur les conditions de travail d'ouvriers de ses filiales dans le Golfe persique), elle lui offre aussi de petits moments de bonheur. En janvier 2017, c'est le chantier de la rénovation de l'Ancienne abbaye de Penthemont, dans le 7e arrondissement de Paris, qu'il choisit comme cadre pour la cérémonie des vœux de Vinci, ou l'une des
ses filiales est alors à l'œuvre.

 

En revanche, un tel poste amène aussi à prendre des décisions qui dépassent le simple intérêt économique. Xavier Huillard a aussi assuré que Vinci n'interviendra pas pour ériger un mur entre le Mexique et les USA. D'autres chantiers moins périlleux (sur le plan diplomatique) jalonnent le calendrier. Début 2017, Vinci a « livré » le port de pêche de Casablanca , posé la première pierre su siège de Saint-Gobain et initié la seconde phase de rénovation du stade Roland-Garros…
Et la suite ? « Notre priorité stratégique est de poursuivre notre développement international » conclut Xavier Huillard. Opérateur mondial, Vinci voit loin et partout.

 

Etudes


- 1977 : Diplômé de l'École Polytechnique (promotion 1973). Diplômé de l'École nationale des Ponts et Chaussées.
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