Dans le cadre du programme «Maisons 2020» initié par le bailleur social Plurial l'Effort Rémois, Patrick Nadeau a imaginé et dessiné «la Maison vague», un habitat original prenant la forme d'une courbe. Avec sa toiture végétalisée, ce prototype s'adresse aux amateurs de jardinage et pourrait être précurseur de nouvelles habitudes de vie. Découverte.

Attention, une vague verte déferle près de Reims ! Cet habitat d'un nouveau genre est en train d'émerger dans le lotissement «La Haute Ville», situé sur la commune de Sillery.

 

Baptisé «Maison vague» en raison de son apparence courbe, il propose de revisiter les codes classiques du logement. A l'instar des troglodytes, les pièces seront voûtées : les occupants devront donc apprivoiser les rondeurs de l'ensemble même si les parois permettent de ne pas perturber la vie des habitants. Issue de l'imagination de l'architecte-designer, Patrick Nadeau, cette "grotte" se distingue aussi par son enveloppe végétale : «Elle représente à la fois un paysage prenant la forme d'une petite colline, un jardin sauvage grâce à son ensemencement spécifique et un objet, puisque sa structure, décollée de 45 cm du sol, donne l'impression visuelle d'un élément autonome flottant et mobile dont la bordure peut être utilisée comme un banc sur lequel on peut s'asseoir», explique le concepteur. Et d'ajouter : «La végétalisation sans irrigation de parois d'aussi forte pente est une première».

 

Une maison-jardin
Une attention particulière a été portée sur le choix des plantes qui seront à la fois résistantes et faciles d'entretien. Ainsi, se côtoieront des sédums, des graminées, du thym, de la lavande et d'autres petites vivaces et herbes aromatiques réparties en fonction de l'inclinaison de la coque. «C'est un vrai jardin !», confie Patrick Nadeau, qui s'amuse ici à faire «tomber les frontières entre design, architecture et paysage». Pour les futurs habitants, le défi sera de taille puisqu'ils devront composer avec leur jardin toiture et en prendre soin. Une manière amusante et surtout utile de développer la main verte ! Car il faut le rappeler, la toiture végétale vise un confort thermique. Concernant la technique pour le maintien, un système de fixation adapté au toit a été créé : dans les parties où la pente est forte, des casiers retiendront la terre en place. Pour l'eau, ce sont les plantes, elles-mêmes, qui la maintiendront.

A la recherche du bien-être

Si cette "maison-jardin" est originale, voire insolite, elle n'a qu'un seul but final : assurer le bien-être de ses futurs locataires. Ce défi technologique d'une surface de 130 m2 dont 90 habitables proposera 3 pièces en rez-de-chaussée et un étage. Quant au projet, il est destiné aux personnes aux revenus relativement modestes. A travers cette opération, Plurial l'Effort Rémois souhaite encourager l'appropriation du lieu de vie par ses occupants car «un locataire heureux dans son logement va être enclin, non seulement à maintenir celui-ci en état, mais également à s'investir davantage dans la vie de son quartier et ainsi tisser du lien social», précise Damien Tourneur, directeur du bureau d'étude de maîtrise d'Œuvre d'exécution de logements neufs. Enfin, si l'opération s'annonce novatrice, elle ne devrait pas être reproduite : «Véritables objets d'expérimentation de nouveaux systèmes constructifs, les maisons du programme n'ont pas vocation à être dupliquées», note Damien Tourneur. Quant à l'architecte, même s'il sait que son projet est unique, il compte bien réutiliser les principes mis au point sur d'autres réalisations.

 

Fiche technique
Plurial l'Effort Rémois : commanditaire du projet dans le cadre de son programme Maisons 2020
Architecte-designer : Patrick Nadeau
Surface : 130 m2
Coût : environ 250.000 euros
Début des travaux : mars 2012
Fin des travaux : octobre 2012

actionclactionfp