DIAPORAMA. Concilier mobilité durable et énergie renouvelable est possible. Dans le nord d'Amsterdam c'est une piste cyclable, équipée de panneaux solaires incrustés dans le sol, qui a été inaugurée. Elle produit de l'électricité qui pourrait servir à éclairer la route la nuit ou à recharger des véhicules. Explications.

Les Pays-Bas sont connus pour leurs tulipes, leurs moulins, leurs fromages et leurs vélos. Désormais, le plat pays est également le premier au monde à disposer d'une piste cyclable photovoltaïque. Une portion de 70 mètres de "SolaRoad" a été inaugurée au nord d'Amsterdam, en présence du ministre hollandais de l'Economie qui a déclaré : "Les Pays-Bas sont ambitieux sur les énergies renouvelables. Cette innovation est une part importante de cette ambition".

 

Techniquement, la piste repose sur des modules de béton de 3,50 x 2,50 mètres qui intègrent des capteurs solaires. Ces derniers sont protégés par du verre trempé d'un centimètre d'épaisseur, antidérapant, afin d'éviter les glissades. La portion équipée, empruntée par 2.000 cyclistes par jour, a déjà produit ses premiers kilowatts qui ont été injectés directement dans le réseau. Dans le futur, de plus grandes quantités d'énergie pourraient être utilisées pour éclairer la voie ou pour recharger des vélos à assistance électrique, voire des véhicules. Reste que le coût de développement de ce démonstrateur est encore très élevé : 3,5 M€ en incluant les frais de R&D. Difficile donc d'imaginer un déploiement sur l'ensemble des 25.000 km de pistes cyclables néerlandaises, même si le gouvernement a annoncé vouloir tripler la part des renouvelables dans sa consommation électrique d'ici à 2020 et de rendre le pays énergétiquement neutre en 2050.

Recouvrir les toitures ne sera pas suffisant

Mais pourquoi recouvrir les routes de panneaux solaires plutôt que les toitures ? Les porteurs du projet (TNO, Ooms Civiel, Imtech Traffic&Infra) expliquent que, même si tous les toits de Hollande étaient recouverts de panneaux photovoltaïques, leur production ne couvrirait que 25 % des 110.000 GWh de consommation électrique nationale. D'où la nécessité d'explorer d'autres pistes. Notamment cyclables. Leur avantage ? Elles sont moins compliquées à équiper que des autoroutes, car moins chargées et plus accessibles. La SolaRoad va donc être expérimentée pendant trois ans, afin d'étudier le comportement des capteurs solaires, leur rendement et leur vieillissement. Malgré la poussière et la saleté qui s'accumuleront, il est estimé que 100 mètres de piste cyclable pourraient produire l'équivalent de la consommation de 2 ou 3 foyers. Stefen de Wit, un scientifique ayant participé au projet, conclut : "Nous sommes confiants quant au fait que, d'ici à 5 ans, nous aurons un produit applicable à grande échelle". Le but sera alors de réaliser une route solaire rentable commercialement.

 

Découvrez la piste et ses éléments en images dans les pages suivantes.
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