Un fabricant nippon de structures absorbantes en caoutchouc a reconnu avoir falsifié des données produit, ébréchant la confiance dans la solidité des constructions parasismiques les utilisant. Plus d'une centaine d'immeubles seraient concernés par ces produits frelatés.

La construction parasismique, domaine de pointe des ingénieurs et entreprises japonaises, connaît un véritable séisme : l'entreprise Toyo Tires & Rubber, qui fabrique des absorbeurs en caoutchouc utilisés dans les fondations, a maquillé les spécifications d'une partie de sa production. Les standards de certification des autorités n'ont donc pas été respectés, entraînant un doute sérieux sur la capacité des constructions à résister à des tremblements de terre. Une première liste faisait état de 2.052 absorbeurs problématiques, installés entre 2003 et 2011 dans 55 immeubles à travers tout l'archipel. Mais Toyo Tires a annoncé que le nombre pourrait être plus important, au-delà de 200 édifices, des soupçons de falsification existant sur trois autres modèles d'amortisseurs sismiques.

Remplacer les produits douteux

L'entreprise déclare : "Nous menons une enquête avec le ministère japonais des Transports et de l'Aménagement du territoire pour éclaircir le plus rapidement cette affaire et mettre au jour la raison de ces modifications frauduleuses". Le trucage des données pourrait être le fait d'un seul salarié d'une filiale du groupe. De son côté, le ministère nippon a demandé à la société de remplacer tous les exemplaires douteux afin qu'ils puissent remplir leur rôle en cas de séisme. L'autre grand fournisseur de ce type de produits, le fabricant de pneus Bridgestone, qui capte déjà 80 % du marché japonais, pourrait également proposer ses propres produits.

 

L'isolation par le bas, à l'aide de blocs de caoutchouc insérés entre le sol et les fondations, est une solution relativement peu coûteuse pour préserver les constructions d'ondes sismiques. Généralisée depuis le tremblement de terre de Kobe, en 1995, cette technique a démontré son efficacité lors du grand séisme de mars 2011, dont la magnitude avait atteint les 9 : aucun bâtiment ne s'était écroulé malgré la violence et la durée des secousses. Tokyo Electric Power a d'ailleurs précisé qu'aucune des centrales nucléaires de Fukushima (Daiichi et Daini) n'était équipée d'amortisseurs Toyo douteux.
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