Le responsable BIM nous livre une anecdote : "J'étais surpris de la différence entre les réunions de synthèse au début et à la fin du projet. Au début, elles prenaient une journée entière avec tous les plans et les mises à jour qui suivaient s'étalaient sur une semaine. Trois mois plus tard, ces mêmes réunions de synthèse se faisaient en 2 heures et les mises à jour étaient faites dans les 48 heures. Il y a eu un vrai gain de rapidité". Selon les équipes de travail sur le chantier, sans cette démarche BIM, le délai de 18 mois n'aurait pas pu être tenu, compte tenu des aléas climatiques qui sont survenus. De même, au moment de la vérification par un bureau de contrôle, Rémi Visière note : "Au moment où ils s'occupaient de ce projet, ils surveillaient également un autre chantier, celui d'un restaurant d'entreprise de seulement 2.000 m². Et bien ils ont été plus embêtés par ce petit projet que par le campus Thales de 60.000 m², modélisé BIM". Les non-qualités auraient été très peu nombreuses, un maximum de points techniques étant balayés en amont. Le spécialiste estime à 80 % le nombre de problèmes anticipés, notamment pour le fameux lot "sprinklers" qui connait d'habitude plus de conflits entre les circuits et d'autres éléments. Le nombre de reprises en sous-œuvre aurait donc été particulièrement faible.

 

Sur le projet de campus Thales, l'ensemble des sous-traitants ont donc mobilisé beaucoup de ressources en amont, constatant la praticité de la chose en phase exécution. "Ils étaient plus pertinents durant la réalisation", souligne Rémi Visière. Il y voit un avantage concurrentiel important, y compris pour le groupe GA, qui mène aujourd'hui une quinzaine de projets de toutes tailles selon la même méthodologie FullBIM. Il conclut : "Il ne faut pas réduire l'utilisation du BIM à certains lots. Notre démarche, récompensée par un prix mondial, anticipe une possible réglementation à venir. Et les bureaux de contrôle (Apave, Veritas, Socotec) sont en train d'évoluer et travaillent leurs avis techniques sur les ouvrages en prenant conscience des avantages de la maquette numérique".

 

Le campus Thales Bordeaux en quelques chiffres :
Plus de 60.000 m² (neuf bâtiments)
11 mois d'études
35.300 m3 de béton
2.780 tonnes de ferraillage
25 entreprises intervenantes
600 personnes
18 mois de travaux
actioncl