ANTICIPATION. Oubliez les traditionnelles tours qui s'élancent vers le ciel. Dans le futur, les immeubles seront suspendus par des câbles et dépasseront les plus hauts nuages. Comment ? Tout simplement en étant attachés à des astéroïdes en orbite… Découverte de cette idée folle qui a germé chez les new-yorkais de Clouds Architecture Office.

Dans la quête éperdue des hauteurs, le kilomètre n'est pas encore atteint, que certains se projettent déjà plus haut. Arconic avait imaginé une tour dépolluante de 4,8 km de hauteur, mais elle restait finalement assez classique, avec des fondations l'ancrant solidement dans le sol. Les architectes new-yorkais de Clouds AO vont beaucoup plus loin. A 50.000 km de la surface terrestre pour être précis.

 

Les maîtres d'œuvre expliquent : "Manipuler des astéroïdes n'est plus de la science-fiction. En 2015, l'Agence spatiale européenne a enclenché un nouveau cycle d'investissements dans les questions d'exploitation minière des astéroïdes en prouvant, avec sa mission Rosetta, qu'il était possible de se rendre à proximité puis de se poser sur une comète tournoyante. La Nasa a planifié une mission de récupération d'astéroïde pour 2021 qui vise à prouver la faisabilité de capture et de déplacement d'un corps de ce type". C'est donc là l'idée des architectes : capturer et amener un astéroïde à proximité de la Terre et le placer en orbite géosynchrone excentrée. Et surtout, y suspendre toute une tour de 30 km de haut, grâce à un ensemble de câbles hyper-résistants.

 

Une aiguille suspendue à un caillou interplanétaire

 

L'immeuble baptisé "Analemma" décrirait alors un vaste mouvement pendulaire en forme de 8 dans le ciel, passant d'un hémisphère à l'autre dans le temps d'une journée. Cette courbe fermée l'amènerait, chaque jour, exactement au même endroit et sa vitesse relative par rapport au sol ralentirait aux extrémités des deux boucles, autorisant à ces deux endroits précis, d'embarquer et débarquer des biens et des personnes par une interface de couplage physique temporaire. Pour autant, l'édifice géant de milliers d'étages disposerait de toutes les commodités lui donnant une certaine autonomie, notamment des espaces dédiés à la culture hors-sol. Les concepteurs envisagent que l'eau serait filtrée et recyclée en circuit semi-fermé avec des apports provenant de la condensation récupérée dans les couches humides de l'atmosphère. De même, pour l'énergie, la situation des panneaux solaires à plusieurs kilomètres d'altitude, au-dessus des nuages, là où l'air se raréfie et ne diffuse plus les rayons solaires, permettrait de disposer d'un gisement d'électricité plus constant et plus efficace.

 

Analemma
Analemma © Clouds AO

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