Pour la première fois, la ville de Paris implante un centre de tri des déchets sur son territoire. Respectueux de l'environnement, celui-ci l'est également de ses riverains, avec une architecture soignée et un acheminement des déchets le plus près possible des endroits où ils sont produits.

«Ce lieu représente une tentative réussie de faire un centre de tri dans Paris intra-muros, c'est une vraie solidarité métropolitaine : maintenant, on ose recycler les déchets dans Paris», s'est félicité le maire de Paris, Bertrand Delanoë lors de la visite du nouveau centre de tri des collectes sélectives de la Sytcom (agence métropolitaine des déchets ménagers). Ce bâtiment moderne et forcément HQE, situé à la limite du 15e arrondissement de la capitale et d'Issy-les-Moulineaux, reçoit depuis le début de l'année les collectes sélectives de 350.000 habitants, pour gérer quelque 15.000 tonnes par an.

 

Imaginé par l'agence AA'E, Architectes associés pour l'environnement, le bâtiment a été conçu dans une démarche de haute qualité environnementale : il est d'ailleurs le premier site du Syctom à être reconnu «Opération pilote HQE bâtiments industriels». Les matériaux choisis pour sa construction sont recyclés ou recyclables à l'image du béton, du bois, de l'acier, de l'aluminium ou encore de la ouate de cellulose. Celle-ci est issue de papier recyclé, et a été utilisée pour l'isolation thermique du bâtiment administratif. Les eaux de pluie sont stockées afin d'arroser les espaces verts autour du centre, et le bassin d'écrêtage et la toiture végétalisée permettent de limiter le débit d'eau à 18 litres par secondes en cas d'orage. La toiture n'est pas seulement végétalisée, elle accueille aussi des panneaux solaires photovoltaïques qui fournissent la moitié de l'eau chaude sanitaire nécessaire au centre. Les cellules photovoltaïques produisent quelque 25.000 kWh d'électricité par an. Le confort des personnes travaillant dans ce centre de tri n'a pas été oublié : le grand bâtiment bénéficie de nombreuses ouvertures afin de faire entrer la lumière naturelle, et le débit et le taux d'humidité de l'air peuvent être réglés à chaque poste de travail.

 

Les équipements sont modernes, puisqu'un système informatisé pèse, en temps réel, le flux des déchets afin d'optimiser le fonctionnement de la chaîne. Les déchets font l'objet d'un premier tri manuel, dans lequel les agents retirent les sacs fermés, verres et grands cartons, puis on passe au tri mécanique avec deux cribles balistiques, un séparateur magnétique et une machine de tri optique. Ce système de reconnaissance infrarouge sépare les plastiques opaques (PEHD) des plastiques transparents (PET). Ensuite, les agents passent une dernière fois pour un tri manuel et les matériaux, une fois triés, sont conditionnés et expédiés vers des filières de recyclage. Pour cette étape, le transport fluvial est privilégié.

 

En outre, un circuit de visite a été mis en place sur le site, afin de servir de vitrine pédagogique aux personnes qui souhaiteront connaître la deuxième vie des déchets après leur atterrissage dans les poubelles jaunes.
actionclactionfp