A l'Est de Paris, les grands bâtiments classiques du boulevard Pereire, propriété de l'Etat depuis leur construction il y a plus de cent ans, puis au fil de l'histoire devenus QG de la Gestapo et par la suite cédés à l'association Emmaüs, vont bientôt rouvrir leurs portes. Réhabilité par les architectes Daufresne, Le Garrec et Associés, l'ensemble accueillera à la rentrée un centre d'hébergement moderne et une cinquantaine de logements sociaux. Visite.

Réaménager un immeuble parisien de 1901 tout en y insérant une architecture contemporaine : tel était le défi des architectes Daufresne, Le Garrec et Associés sur le projet de réhabilitation et construction neuve du centre d'hébergement Emmaüs et de logements collectifs attenants. Les deux bâtiments contemporains construits au centre de l'îlot ont une fonction à la fois de recomposition de l'ensemble, et de séparation entre le centre et les logements.

 

Le projet implique aussi la prise en compte des nouvelles méthodes en termes de réinsertion : centres d'hébergement ouverts 24 heures sur 24, et travailleurs sociaux dédiés aux activités et suivi d'insertion vers l'emploi. Exit les dortoirs, ce centre d'hébergement compte donc 207 lits en chambres individuelles et doubles, réparties en quatre unités de vie. Les chambres doivent à la fois offrir un espace de reconstruction individuelle et un espace de resocialisation. Les espaces de services situés entre ces chambres, comprendront une salle de bain et des casiers à ouverture magnétique.

 

Homogénéiser le neuf et l'ancien
Pour intégrer deux nouveaux bâtiments à la structure existante, les architectes ont dû respecter la même taille de fenêtres et de hauteurs de plafonds pour toutes les unités. Ils ont donc joué sur les volumes intérieurs, et modifié le rez-de-chaussée du centre qui, datant du début du XXe siècle, possédait une importante hauteur sous plafond. Deux niveaux ont donc été créés, de manière à ce que les ouvertures existantes ne soient pas obstruées et que le premier étage des anciens bâtiments soit à la même hauteur que celui des nouvelles constructions.
L'ensemble du centre d'hébergement s'ouvre d'une part sur le boulevard Pereire, et d'autre part sur une cour intérieure faisant apparaître l'homogénéité entre la construction neuve et les trois corps de bâtiments existants en prolongement desquels elle a été érigée.

 

A l'intérieur «il y a une volonté de créer une unité institutionnelle que les éléments contemporains, thèmes secondaires, viennent animer et colorer», indiquent les architectes. Le rythme des chambres est lui aussi fortement marqué par la couleur, avec des espaces au sol peints en rouge devant chaque unité de chambres. «Nous avons joué sur l'idée de dérouler le tapis rouge, car quand on retrouve une chambre à soi, faire l'acte de rentrer chez soi est très important», explique Ivan Le Garrec. Les architectes expliquent que «l'optimisme volontaire qui sous tend l'existence du centre se trouve exprimé dans la composition dynamique de l'aménagement intérieur dont les éclats colorés rythment la promenade architecturale. La valeur 'refuge' au sein duquel se reconstruire est exprimée jusque dans les détails du mobilier, en particulier le lit, spécialement dessiné pour le projet».

 

 

Fiche technique

 

Maîtrise d'ouvrage : Immobilière 3F
Gestionnaire centre d'hébergement : Association Emmaüs
Maîtrise d'œuvre : Daufresne, Le Garrec & Associés
Surface avant opération : 8.289 m2 SHON
Surface après opération : 10.172 m2 SHON
Budget : 14.336.000 euros
Durée des travaux : 21 mois
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