Sept associations ont déposé un recours contre le projet de parc éolien marin prévu à Fécamp (Seine-Maritime). Il s'agit de la seconde démarche de ce type lancée contre les futures fermes offshore qui doivent entrer en service entre 2018 et 2020.

Après le parc éolien de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), c'est au tour de celui de Fécamp de faire l'objet d'un recours de la part d'associations de défense de l'environnement(*). Il a été déposé le lundi 8 août dernier auprès de la cour d'appel administrative de Nantes. Les associations expliquent lutter "contre l'absurdité de ce projet pharaonique de 83 éoliennes géantes de 175 mètres de haut". D'une puissance totale de 498 MW, il devrait être implanté à 13 km des côtes, au large de Fécamp et Etretat.


Défense du paysage contre énergie renouvelable

 

Les opposants souhaitent "empêcher la destruction du site emblématique", connu pour ses falaises, "l'un des paysages naturels les plus visités de France". Ils détaillent : "Cet amas de 83 aérogénérateurs supplémentaires, qui industrialisent irrémédiablement le paysage de l'espace maritime cauchois, viendrait s'ajouter aux centaines d'éoliennes terrestres déjà installées dans la région, particulièrement meurtrie par ces machines". En dehors de l'aspect purement esthétique de cette hostilité, ils appuient leur démarche sur d'autres arguments : "(…) l'insuffisance des études d'impact, l'atteinte à l'environnement riche de biodiversité". Enfin, ils évoquent les "effets néfastes des travaux de pose, des réseaux de câblage à forte tension et des champs magnétiques" qui s'en dégageraient et qui impacteraient "les habitudes migratoires des poissons et leur reproduction". Plusieurs études menées en mer du Nord démontraient pourtant que les parcs éoliens étaient plutôt favorables à la reproduction des espèces marines, notamment le homard. Mais les associations estiment aussi que l'analyse économique de tous les programmes éoliens offshore n'aurait pas été correctement faite et que les avantages attendus en termes d'emplois ne seraient pas vérifiés.

Un 3e recours à venir ?

Rappelons que les préfectures concernées par les trois parcs éoliens marins du premier appel d'offres tous remportés par EDF Energies Nouvelles (Fécamp, Nantes et Courseulles) ont donné leur aval au début du mois de juillet 2016. Le troisième parc, qui doit être implanté au large du Calvados, devrait donc également faire l'objet d'un recours prochainement. Là-bas, les opposants réclament un éloignement des éoliennes à 20 km des côtes, afin que les turbines n'impactent pas le classement potentiel des plages du Débarquement au Patrimoine mondial de l'Unesco. La commission d'enquête avait toutefois estimé que "l'existence du parc éolien ne paraît pas de nature à mettre en cause le principe de classement à l'Unesco [car] une interprétation du devoir de mémoire qui conduirait à figer le développement d'un territoire, ne serait pas compatible avec les exigences du progrès".

 


(*) Protection du site des Petites dalles, Fédération environnement durable, Belle Normandie Environnement, Vent de Colère, Société pour la protection des paysages et de l'esthétique de la France, Robin des Bois, Cap Littoral.
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