Dans la ville-jardin, pour lutter contre la pollution on fait pousser de la végétation… dans les gratte-ciel. L'Oasia Downtown Hotel, conçu par le cabinet d'architectes Woha, a été imaginé comme une succession de jardins empilés les uns sur les autres. Une façon de lutter contre l'étalement urbain et le réchauffement climatique. Découverte.

La cité-Etat de Singapour est surnommée "la ville-jardin", et elle n'usurpe pas sa réputation. Après les super-arbres géants des Gardens by the Bay, et après le projet "Jewel" de l'aéroport Changi, une autre construction vient renforcer cette réputation : la tour Oasia.

 

Haute de 27 étages, elle n'abrite pas moins de quatre jardins suspendus : le Soho Sky Garden, au 6e niveau, l'Hotel Sky Garden au 12e, l'Hotel Club Garden au 21e, et le Roof Sky Garden au dernier étage. Et sa façade, pour l'instant rougeoyante, devrait rapidement verdir. Les panneaux en résille d'aluminium vont en effet se recouvrir d'une vingtaine de variétés de vignes-vierges et autres plantes grimpantes tropicales. L'immeuble se transformera donc en véritable forêt verticale, capable de lutter contre la pollution, en fixant du CO2 et des particules, et contre les îlots de chaleur. Avantage substantiel, en plus d'un confort visuel absolu, la conception ajourée de la tour permet à ses occupants de bénéficier d'une climatisation naturelle et gratuite.

 

Un immeuble écoresponsable au cœur d'une métropole ultra-dense

 

Ce gratte-ciel écologique a été imaginé par le cabinet Woha, du nom de ses deux fondateurs, Wong Mun Summ et Richard Hassel. Les concepteurs expliquent : "Oasia Downtown a été définie pour créer une imagerie alternative aux projets commerciaux de grande hauteur. Elle combine des solutions novatrices pour intensifier l'usage des terres avec une approche tropicale". Le résultat : "Une tour verte, perforée et velue". Afin de répondre aux attentes des clients en termes programmatiques, les trois entités Soho, Hotel et Club ayant des besoins différents, les architectes précisent avoir adopté une approche "en club sandwich", c'est-à-dire en créant plusieurs strates possédant chacune son propre jardin. De la sorte, l'emprise au sol se trouve démultipliée, un avantage économique à Singapour, tandis que les visiteurs peuvent disposer de vastes zones de loisir en plein air. Et en plein ciel, à l'instar de Sky Habitat, un immeuble de logements singapourien tout aussi vertigineux.

 

La végétalisation des immeubles n'est pas nouvelle pour le duo, qui avait remporté le prix international du gratte-ciel en 2010. Il a en effet signé la réalisation du Sota (School of the arts Singapore) qui intègre de vastes plantations sur sa façade. Le cabinet précise que la construction d'Oasia Downtown a nécessité une année de préparation puis quatre ans de travaux.

 


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