JUSTICE. Le parquet d'Aix-en-Provence a requis, en appel, la condamnation de l'ancien maire de Beausoleil (Alpes-Maritimes) pour corruption passive, tout en demandant la relaxe des promoteurs italiens du projet de plus haute tour de la Principauté de Monaco. Explications.

Elle fait 170 mètres de haut, abrite un appartement à 300 M€ et pourrait coûter cher… à un élu français. La tour Odéon, gratte-ciel monégasque situé en bordure du territoire de la Principauté achevé en 2014, est au cœur d'une affaire judiciaire. Ce mercredi 17 janvier 2018, le parquet général d'Aix-en-Provence a requis, en appel, la condamnation de Gérard Spinelli, ancien maire DVD de Beausoleil, la commune limitrophe de l'édifice, à deux ans de prison dont 6 mois ferme pour corruption passive. Une amende de 50.000 euros et une peine de trois ans d'inéligibilité ont également été demandées à son encontre. Le parquet a réclamé une peine plus lourde pour Ange-Roméo "Lino" Alberti, un intermédiaire : quatre ans de prison dont deux ferme et 1 million d'euros d'amende. En revanche, le ministère public a demandé la relaxe des promoteurs du projet immobilier, Paolo et Claudio Marzocco, deux italiens résidents à Monaco. Une première décision de justice, prise en janvier 2017, avait conduit à la relaxe de tous les prévenus.

 

L'intermédiaire sème le trouble

 

L'avocat général a déclaré : "En l'état du dossier, les éléments relatifs à la démonstration de la culpabilité des frères Marzocco ne sont pas réunis". Malgré des années d'enquête, des "milliers de pages" de procédure, d'écoutes et de surveillances, il s'est dit "déçu de la qualité du dossier d'instruction". Selon les enquêteurs, les promoteurs auraient corrompu l'ancien maire de Beausoleil afin qu'il ne fasse pas entrave au chantier de l'immense tour qui jouxte la commune. Outre les faits de corruption, Lino Alberti est également poursuivi pour d'autres faits, dont blanchiment d'abus de biens sociaux et fraude fiscale, des pratiques qui avaient été sanctionnées, en première instance, par une peine de 3 ans de prison avec sursis et 100.000 euros d'amende. Lors du procès, qui s'était tenu à Marseille, l'homme avait reconnu avoir préparé une enveloppe de 60.000 euros, saisie dans la villa de son épouse, pour Gérard Spinelli, tout en assurant "ne rien attendre en retour". Il avait également précisé avoir reçu cet argent des frères Marzocco, "pour le bon déroulement des opérations". Ces derniers affirment de leur côté que ces accusations sont "ridicules, diffamatoires et totalement infondées".

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