La plus haute tour de Paris souhaite changer d'image : elle devrait abandonner sa livrée sombre pour une nouvelle façade translucide, d'ici à 2020. Un chantier d'envergure, qui comprend la rénovation et l'extension du centre commercial situé à ses pieds, et qui devrait coûter plus de 500 millions d'euros à ses copropriétaires, déjà lourdement engagés dans le désamiantage de l'immeuble.

Alors que les travaux de désamiantage n'en finissent pas et que des alertes sont régulièrement lancées les copropriétaires de la tour Montparnasse souhaitent penser à quelque chose de positif : ils veulent que l'immeuble de bureaux le plus haut de la capitale fasse sa mue et se pare d'une nouvelle façade, immaculée.

 

Fermeture totale ou partielle ?

 

L'architecte Jean-Marie Duthilleul aurait été mandaté par l'Ensemble immobilier tour Maine-Montparnasse (EITMM) pour superviser cette véritable métamorphose. Un concours devrait être lancé en 2016, afin de choisir un projet. Les images qui circulent actuellement, et qui ont été publiées par Le Figaro, ne sont donc pas celles de la tour définitive. Suite à la désignation du vainqueur, l'EITMM devra obtenir un permis de construire pour espérer débuter ce nouveau chantier en 2018. Ils pourraient avoir lieu en même temps qu'une première phase de revalorisation du centre commercial installé au pied de l'édifice.

 

Mais l'opération aura un coût qui est estimé à 100-150 M€ pour les seules façades de la tour. "Un budget qui comprend l'élimination des joints amiantés", précise Patrick Abisseror, le président du comité stratégique de la copropriété. Et elle nécessitera également la fermeture, totale ou partielle de l'édifice. Dans les colonnes du Figaro, Gilles Vuillermard, chargé du dossier à la MGEN (propriétaire de bureaux dans la tour), explique : "Nous avons trois options entre lesquelles nous n'avons pas encore arbitré. Soit nous la fermons totalement ; soit nous la fermons à moitié ; soit nous la fermons au quart". Cependant, une fermeture totale de l'immeuble paraît peu probable : les travaux de désamiantage ont été menés en site occupé, malgré les difficultés que ce type d'intervention présente, précisément pour éviter de vider l'édifice. Une décision qui a d'ailleurs été vivement critiquée par l'Andeva.

 

Convaincre les 280 copropriétaires de remettre la main au portefeuille

 

Et la facture globale de la rénovation "cosmétique" de l'ensemble immobilier, grimpera même à 550 voire 750 M€, en incluant les travaux du parvis, du centre commercial et la création de nombreux nouveaux espaces (dont 12.600 m² d'offre hôtelière, 10.300 m² de logements et 14.000 m² de commerces). Une consultation sera lancée avec les riverains dans les 6e, 14e et 15e arrondissements, afin d'inclure une dimension culturelle au projet.

 

Le problème sera de faire accepter ce nouvel investissement aux 280 copropriétaires de l'EITMM, alors que les travaux de désamiantage ont déjà dépassé les 250 M€ et qu'ils ne sont pas terminés, dix ans après leur début. D'autant qu'une quinzaine d'étages, sur les 58 de la tour, seraient désormais vides de tout occupant, les locataires se montrant réticents à exposer leurs employés à d'éventuels dépassements de seuil d'exposition aux poussières d'amiante… Quoi qu'il en soit, les copropriétaires n'en ont pas fini avec tous ces chantiers qui ne pourraient se terminer qu'au-delà de 2020.
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