L'entreprise américaine Arconic a imaginé un gratte-ciel haut comme le Mont-Blanc dont le matériau de façade serait capable de fixer et dégrader certains polluants atmosphériques. Mais sa construction - par impression 3D évidemment - n'est pas envisagée avant… 2062. Zoom.

Alors que le kilomètre vertical n'est pas encore atteint dans la construction - la Kingdom Tower de Djeddah (Arabie saoudite) ne sera achevée qu'en 2019 - certains se projettent déjà plus loin. Ou plus haut. La firme américaine Arconic (anciennement Alcoa, spécialiste de l'aluminium) a dévoilé une idée folle : celle d'édifier une tour de 4,8 km de hauteur, soit trois fois plus que la "Mile High Tower" chère à l'architecte Frank Lloyd Wright.

 

Intégrant toute son expertise des matériaux de construction - Alcoa a participé à la construction de l'Empire State Building - l'entreprise imagine recourir à des technologies abouties ou en cours de développement, comme l'impression 3D. Sherri McCleary, spécialiste Matériaux pour Arconic, explique à Business Insider : "Nous cherchons à optimiser les matériaux qui peuvent être imprimés en 3D pour donner de plus en plus de possibilités aux designers et architectes". La société américaine travaille déjà sur de super alliages en poudre, incorporant du nickel et du titane, capables d'être agglomérés en éléments résistants à de très fortes contraintes, qu'elles soient thermiques ou mécaniques. L'émirat de Dubaï, célèbre pour sa skyline hérissée de gratte-ciel, prévoit d'ores et déjà que l'impression 3D concernera un quart de ses chantiers d'ici à 2030.

 

Une vitrine technologique

 

Autre propriété de la tour Arconic : la dépollution de l'atmosphère. Grâce à son immense surface d'échange, elle pourrait agir comme un "poumon artificiel", filtrant et capturant certains composés, comme les oxydes d'azote. Le revêtement de la tour, contenant du dioxyde de titane, agira en présence de lumière pour activer une réaction de photocatalyse à très grande échelle. La société américaine met en avant sa solution EcoClean. La spécialiste des matériaux poursuit : "EcoClean offre une esthétique agréable et (…) des avantages environnementaux en réduisant la pollution avoisinante". Le procédé est déjà bien connu, puisque le dioxyde de titane est déjà utilisé par de nombreuses autres entreprises. Le japonais Toto, qui produit de la céramique dépolluante, estime par exemple que 1.000 m² de son revêtement Bio Self Cleaning a une capacité de purification d'air équivalente à une forêt de la taille d'un terrain de football, "soit l'élimination des oxydes d'azote émis par 74 voitures pendant 24 heures". La tour Arconic pourrait donc assainir une partie du trafic routier (et aérien) généré par… les touristes qui viendront du monde entier pour admirer ce chef d'œuvre d'ingénierie.

 

Mais les propriétés "miraculeuses" du dioxyde de titane ne sont pas sans contrepartie. Certains chercheurs s'interrogent sur l'impact sanitaire des nanoparticules et sur leur utilisation irraisonnée dans les matériaux de construction. La vision du futur proposée par Arconic interroge également sur la sécurité d'un tel immeuble (face au trafic aérien ou à la menace terroriste), sur les temps de transport dans les ascenseurs, et sur la pertinence économique d'une construction de la hauteur du Mont-Blanc. Qu'on se rassure bien vite : cette super-tour n'est qu'un prétexte à la présentation des savoir-faire de l'entreprise dans le cadre d'une campagne de communication faisant référence aux Jetsons, cette famille du futur de dessin animé.

 

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