Toulouse s'inquiète du sort de l'ancienne prison Saint-Michel, désaffectée cette année et que la municipalité voudrait acheter pour la transformer en maison des arts et de l'ingénieur. Mais l'Etat doit encore trancher.

La ville de Toulouse a réaffirmé, par la voix de son maire Pierre Cohen (PS), sa volonté d'acquérir l'ancienne prison Saint-Michel, «cet élément majeur du patrimoine historique et architectural toulousain» vieux de 150 ans, et désaffecté au début de l'année. Dès 2003, lorsque la décision avait été prise par l'Etat de déplacer la prison à Seysses, en banlieue de la ville rose, la municipalité d'alors, dirigée par Philippe Douste-Blazy (UMP) avait fait par de son projet de maison des «arts et de l'ingénieur» pour ces lieux. A son arrivée en 2008, l'actuel maire avait interrogé la garde des Sceaux Rachida Dati sur ses intentions à l'égard de la prison. Selon lui, la ministre lui avait alors promis de lui communiquer le montant estimé de la prison dès qu'elle en aurait connaissance, mais «cette promesse n'a pas eu de suite».

 

L'équipe du maire indique que «L'Etat envisagerait maintenant de vendre la maison d'arrêt Saint-Michel en oubliant l'engagement pris et en faisant abstraction du caractère historique et architectural du site», par ailleurs classé au titre des monuments historiques. La ville réaffirme son souhait de l'acquérir au prix initial «éventuellement actualisé» et annonce un vote au prochain conseil municipal, le 24 septembre. «Je n'ose croire que l'Etat renonce à la protection de ce site», a indiqué à l'AFP l'adjointe à la Culture, Vicentella de Comarmond.

 

Le service des Domaines avait évalué la prison à 750.000 euros en 2002, mais «en l'absence de protection du site, au prix du terrain à bâtir des promoteurs pourraient payer plus de 20 millions d'euros», estime Vicentella de Comarmond. En outre, les études effectuées prévoient un coût de réhabilitation de l'ordre de 40 millions d'euros.
actionclactionfp