Le ministère de l'Environnement a dévoilé la liste des 33 lauréats à l'appel d'offres pour le développement d'installations photovoltaïques couplées à des dispositifs de stockage de l'énergie pour les zones non-interconnectées au réseau national de distribution d'électricité. Des projets d'une puissance totale de 52 MW qui permettront d'améliorer l'autonomie des départements et territoires insulaires.

Les zones non-interconnectées au réseau national de distribution d'électricité sont aujourd'hui principalement dépendantes de centrales énergétiques au fioul. Une source polluante et potentiellement coûteuse, forcément génératrice de déficit dans la balance commerciale. La transition énergétique lancée en France représente donc une opportunité pour ces territoires "qui recèlent un formidable potentiel de développement des énergies renouvelables", souligne le ministère de l'Environnement. Afin de tendre vers l'autonomie énergétique des îles et territoires ultramarins (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion), un appel d'offres spécifique avait été lancé en 2015, visant à y déployer des installations solaires reliées à des systèmes de stockage.

 

Les îles, ces territoires d'expérimentation

 

En tout, 33 projets ont donc été retenus, représentant un volume total de presque 52 MW, dont neuf à la Réunion (8,5 MW), huit à la Martinique (11,1 MW) comme en Corse (18 MW), six en Guadeloupe (9 MW) et deux en Guyane (5,2 MW). Les lauréats "pourront bénéficier de tarifs d'achat garantis à un prix pondéré de l'électricité de 204 €/MWh, compétitif par rapport aux coûts complets de production dans les zones non-interconnectées", précise le communiqué du ministère. Il est estimé que les projets retenus généreront 140 M€ d'investissements et permettront la production de 70 GWh d'électricité "verte" chaque année. Six autres projets (un dans chaque territoire et deux en Guadeloupe), d'une puissance additionnelle de 13,4 MW se trouvent placés sur une liste complémentaire.

 

Les systèmes de stockage d'électricité par batteries sont couplés aux panneaux solaires installés sur les bâtiments (25 MW de projets), sur des ombrières ou posés au sol (25 MW de projets). Ils améliorent le lissage d'une production intermittente et accroissent la prévisibilité de l'offre. "En incitant les producteurs à produire lorsque la demande est forte, l'appel d'offres soutient le développement de projets aux perspectives industrielles ambitieuses, au service de l'insertion des énergies renouvelables dans les réseaux électriques isolés", annonce le ministère de l'Environnement. Au mois de février 2016, EDF avait inauguré une centrale photovoltaïque innovante à la Réunion, associant production locale d'électricité et batteries. L'île constitue, pour l'énergéticien national, "un territoire d'excellence et d'innovation" qui repose à plus de 30 % sur les EnR pour son mix énergétique, ce qui oblige à "jongler" entre les périodes de production et celles de consommation, qui ne sont pas forcément corrélées.

 

Il faut noter que cet appel d'offres ne couvrait pas le cas particulier de Saint-Pierre-et-Miquelon, l'archipel de l'Atlantique nord, qui ne bénéficie pas des mêmes ressources solaires que les autres territoires ultramarins. Les deux îles demeureront donc une exception dans le paysage énergétique français, puisqu'elles sont alimentées à 100 % par une centrale au fioul EDF depuis deux ans. L'exploitation des dix éoliennes locales (qui fournissaient 15 % de l'électricité de Miquelon) n'était plus rentable.

 

Expérimentation réussie pour Venteea, le plus gros stockage par batterie de France :
Après une année d'expérimentation, Enedis (ex-ERDF) a présenté les résultats de Venteea, le plus gros système de stockage de courant électrique par batteries de France métropolitaine. Situé à Chervey (Aube), il est constitué de deux conteneurs de batteries lithium-ion de 2 MW/1,3 MWh, reliés à une ferme éolienne capable de couvrir la consommation de 3.200 foyers. Didier Colin, chef de projet chez Enedis, déclare : "C'est une réussite et les objectifs sont atteints". Selon lui, le dispositif technique a réussi à "optimiser la gestion du réseau", et donc à mieux intégrer l'électricité renouvelable. L'expérimentation a notamment porté sur le déploiement de capteurs sur ce réseau afin de le piloter de manière plus fine, avec des temps de réaction plus courts. Le spécialiste poursuit : "C'est une première française, et sans doute, qui dépasse les frontières de la France". Deux brevets ont ainsi été déposés, susceptibles d'intéresser les exploitants de parcs éoliens et de fermes photovoltaïques.
actionclactionfp