Ségolène Royal et Emmanuel Macron ont lancé l'appel à projets "GreenTech" afin que les jeunes pousses liées à la transition énergétique se manifestent. A la clef, 15 millions d'euros de financements pour des start-ups innovantes liées au transport, à l'énergie ou à l'environnement.

Le logo fait penser à une affiche de rock progressif signée Chuck Sperry, et le nom de l'appel à projets "GreenTech" incite à croire que l'initiative se déroule en Californie. Il n'en est rien : ce sont bien deux ministères français qui ont lancé, ce mardi 09 février 2016, une sollicitation auprès des jeunes pousses de l'économie verte, afin qu'elles concourent, elles-aussi, à la transition écologique. En tout, huit "secteurs clés" sont ciblés, dont les économies d'énergie - notamment par le biais d'objets connectés ou d'applications - le bâtiment, les renouvelables, les transports durables ou la santé et l'environnement. "Ce n'est pas une liste fermée", promet Ségolène Royal (voir l'encadré).

 

Dans un premier temps, cinquante projets pourront bénéficier d'un fonds de "pré-amorçage" de 150.000 € chacun, au maximum. En plus de ces 7,5 M€, un bonus de 500.000 € sera accordé aux projets "les plus prometteurs", faisant monter l'enveloppe totale à 15 M€. Les solutions développées pourraient, par exemple, concerner le suivi des consommations domestiques en exploitant les données recueillies par les compteurs communicants (Linky, Gazpar), aider à mieux gérer l'autoconsommation et l'effacement des foyers, ou encore calculer la quantité de déchets générée individuellement. Le croisement entre technologies numériques et transition énergétique "représente un formidable potentiel pour nos économies et notre société" assurent les ministres de l'Ecologie et de l'Economie.

 

Un incubateur sera ouvert aux start-ups proposant des solutions innovantes répondant aux objectifs de la loi de Transition. C'est un jury, présidé par Ségolène Royal, et composé de "personnalités reconnues issues des secteurs de l'écologie et du numérique", qui choisiront les projets soutenus. Les jeunes pousses y bénéficieront des ressources techniques du ministère et de ses opérateurs (Ademe, IGN, Météo-France, Muséum National d'Histoire Naturelle...). Un concours sera également lancé pour les écoles afin de distinguer cinq projets d'élèves qui intégreront le programme pour une durée de 9 mois.

 

Les 14 sujets répartis en 8 grandes thématiques :
• Economies d'énergie : compteur individuel de chauffage dans le logement collectif suite à l'individualisation des frais (4 millions de compteurs à installer, marché potentiel de 1 milliard d'euros) ; objets connectés et applications liées aux compteurs intelligents permettant la réduction de la facture des ménages ; numérisation de l'éclairage public ;
• Energies renouvelables : application favorisant l'autoconsommation et l'effacement chez les particuliers ;
• Bâtiment : carnet numérique de suivi et d'entretien des bâtiments et logements (diagnostics, plans et travaux de performance énergétique) ;
• Transport : application de recensement et de partage des services liés aux véhicules électriques ; solution de géolocalisation en temps réel facilitant l'accès aux transports publics et privés, par territoire, prenant en compte l'état du trafic ou la qualité de l'air ;
• Risques : système participatif d'alerte en cas de catastrophe naturelle ;
• Economie circulaire : répertoire numérique des compositions des produits afin de faciliter leur réutilisation ou recyclage ; calculateur individuel du volume de déchets pour l'optimisation de la collecte ;
• Santé/environnement : détecteur des pesticides dans les fruits et légumes ; calculateur individuel de qualité de l'eau, de l'air et du niveau sonore dans l'habitat et les espaces collectifs ;
• Biodiversité : annuaire numérique d'impact sur la biodiversité par territoire des aménagements publics et privés ; grande application de la biodiversité dans les territoires (inventaire, gestes écoresponsables).
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