De la technologie des remontées mécaniques à l'énergie éolienne il n'y aurait qu'un pas que Poma, acteur historique du transport par câble a franchi. L'entreprise française a investi 16 M€ pour construire une 1re unité d'assemblage de nacelles qui entre en production cette année. David Saint-André, le responsable de cette activité, revient pour Batiactu sur cette importante évolution industrielle.

Batiactu : Comment est arrivée l'idée pour Poma d'en venir à produire des éoliennes ?
David Saint-André : la technologie des remontées mécaniques a été utilisée par Leitwind (autre entreprise du groupe italient HTI), il y a une quinzaine d'années pour concevoir une éolienne. Les principes sont relativement proches (roulements, logistique de gros composants, composants électromécaniques) et le transfert s'est fait naturellement lorsque Poma cherchait à développer un transport par câble d'une puissance de l'ordre de 1 MW. C'est un projet industriel de diversification où les domaines de compétences sont communs et les synergies entre activités nombreuses. Les nacelles des machines seront désormais produites à Gilly-sur-Isère, où un investissement de 16 M€ a été réalisé. L'usine emploie une centaine de personnes mais aura la capacité de porter cet effectif à 150. Et elle dispose de la possibilité d'étendre encore les halls d'assemblage. Il s'agit tout simplement de la première usine d'éoliennes terrestres multi-mégawatts de France.

 

Usine Gilly-sur-Isère
Usine Gilly-sur-Isère © Poma

 

Batiactu : Quelle est exactement la technologie utilisée et en quoi se démarque-t-elle de la concurrence ?
David Saint-André : il s'agit d'une technologie à attaque directe et aimants permanents, ce qui signifie qu'il n'y a pas de multiplicateur entre le rotor et la génératrice, qui doit tourner à 1.500 tours/minute. Cette lourde boîte de vitesse de l'éolienne demande un contrôle et présente des pièces en mouvement, donc un risque accru de défaillance mécanique. S'en passer c'est donc gagner en fiabilité, comme en atteste le taux de disponibilité des machines Poma-Leitwind qui est de 98,9 %, ce qui est extrêmement intéressant pour un exploitant de parc. De plus, la génératrice tourne à la même vitesse que les pales, ce qui induit moins d'efforts. Le courant est produit à une fréquence différente de celle du réseau ce qui implique la nécessité d'un convertisseur de puissance électrique qui, de son côté, aide à la gestion du réseau en modulant la puissance réactive (consommée ou injectée) et la tension. Enfin, la génératrice est plus compacte. C'est une technologie ergonomique, puisque les interventions sur le convertisseur se font au pied de la tour, tandis que celles sur la génératrice se font sur des composants directement accessibles. Tout est plus facile que sur d'autres éoliennes.

 

Eolienne Poma-Leitwind
© Benoît Prade

Découvrez la suite de l'interview et l'éolienne panoramique en page 2

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