Le groupe de protection sociale du BTP, équipé depuis 2014 d'un nouvel outil informatique "Solon" pour détecter en temps réel les demandes de remboursement suspectes, a dressé ce mardi un bilan d'étape. Précisions.

L'objectif est clair pour PRO BTP, le groupe paritaire spécialisé dans la protection sociale complémentaire des salariés du BTP : poursuivre sa politique d'innovation dans la gestion du risque en santé. Tel est son engagement depuis le lancement en 2014 du projet "Solon", a signalé le 15 novembre 2016, l'organisme avec ses deux autres partenaires, que sont l'informaticien IBM et Almerys, spécialiste du traitement des données numériques dans le domaine de la santé. Pour rappel : PRO BTP est au service de 3,4 millions d'adhérents et de 198.000 entreprises du secteur.

 

Depuis la mise en œuvre, il y a deux ans, de ce nouvel outil "Solon" de lutte contre les abus de prestations et la fraude aux remboursements de soins de santé, PRO BTP souhaite rappeler qu'"en contribuant réellement à maîtriser la dépense, cet outil permet également, dans la durée, d'agir sur les cotisations."

 

"Dans un contexte d'évolution et de concentration du marché de l'assurance santé en France, avec l'obligation de pratiquer le tiers payant*, et face au développement de la dématérialisation des échanges, les possibilités d'abus ou de fraude augmentent significativement", a signalé Olivier Nique, directeur des partenariats Santé de Pro BTP.

 

Pour rappel : l'European Healthcare Fraud & Corruption Network (EHFCN) estimait le coût de la fraude et de la corruption dans les soins de santé à 15 milliards d'euros en France, dont 1,3% détectés par l'assurance maladie en 2014. "Du côté des complémentaires, les paiements indus représentent sur le marché Français environ 2 à 7% des remboursements effectués", nous-a-t-on expliqué.

 

Une démarche commune contre la fraude

 

Après deux années de fonctionnement de Solon, PRO BTP juge donc les résultats obtenus probants : "à titre d'exemple en optique, chaque semaine, les demandes de remboursement décelées comme frauduleuses ou indus représentent environ 100.000 euros , soit environ 6 millions d'euros annuellement, sur les 120 millions d'euros de prestations optiques annuelles."

 

Le retour sur investissement d'une telle démarche est par ailleurs complété par l'action post-paiement, le dé-conventionnement des professionnels de santé fraudeurs et l'effet dissuasif, a précisé le groupe paritaire.

 

Enfin, les trois acteurs - almerys, IBM et PRO BTP - se sont engagés ce mardi dans une "démarche commune leur permettant de bénéficier mutuellement de leurs expériences respectives dans la lutte contre la fraude et de parfaire leurs dispositifs et actions dans ce domaine pour que les cotisations servent efficacement les adhérents."

 

Accidents du travail : le secteur du BTP reste toujours élevé


En 2015, l'indice de fréquence des accidents du travail -nombre d'accidents pour 1 000 salariés- dans le secteur de la construction a diminué de 2,6% par rapport à 2014, précise ce mardi la caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés (Cnam-TS). "Les principales activités concernées par ce recul sont les travaux de finition, la maçonnerie et le gros oeuvre de bâtiment", souligne la Cnam-TS.
Toutefois, la construction reste l'un des secteurs les plus sinistrés. Son indice de fréquence se situe à 61,9 alors qu'il est à 33,9 tous secteurs confondus. La Cnam-TS constate cependant une baisse dans le secteur où les risques sont élevées mais qui ont amélioré la sécurité sur le lieu de travail.

 

Les lombalgies représentent aujourd'hui 20% des accidents du travail

 

De plus, la fréquence des accidents de trajet se stabilise à un niveau identique de celui de 2014, soit l'un des plus bas depuis sept ans. Par contre, la Cnam-TS a avancé que les "lombalgies représentent aujourd'hui 20% des accidents du travail et leur nombre ne diminue pas depuis dix ans en dépit de la baisse de la sinistralité."

 

Avant de conclure : "Elles représentent un coût de près d'un milliard d'euros par an, soit l'équivalent du coût des autres troubles musculo-squelettiques (TMS). Certains secteurs d'activité présentent un sur-risque en matière de lombalgie, comme les métiers d'aide et de soins à la personne et certaines activités logistiques."
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