L'environnement économique et politique est "positif" pour le Syndicat des entreprises internationales de matériels de travaux publics (Seimat). Le marché français en hausse, grâce à la reprise du bâtiment et des TP, devrait connaître une belle reprise en 2017 qui se stabilisera en 2018. Jean-Marie Osdoit, le président du syndicat, et Marc Wilson, son vice-président, analysent les raisons de cette embellie.

Jean-Marie Osdoit, le président du Seimat, ne peut cacher son enthousiasme : les chiffres des sept premiers mois de l'année pour ses entreprises adhérentes sont bons, et ils augurent d'un bilan plus que positif pour 2017 et même au-delà. Il note un "deuxième effet Macron", après celui déjà observé en 2016 et lié au dispositif de suramortissement, qui aurait "permis de rattraper les pertes subies depuis la crise de 2009". Le président parle de "reprise de cycle" avec une croissance attendue de +11 % en 2017, soit 47.000 machines de tous types (terrassement, compactes, levage…) puis une stabilisation en 2018 à 48.400 engins (soit +3 %).

 

"Le bâtiment est en pleine reprise, même meilleure que prévue, avec des courbes intéressantes de +13-14 % pour le logement. La FNTP a elle aussi connu une progression, même si des événements météorologiques l'ont freiné". Jean-Marie Osdoit se réjouit du dynamisme des présidents Bruno Cavagné (FNTP) et Jacques Chanut (FFB), qui "défendent leur marchés". Il analyse : "Nous assistons à un début de reconstitution des parcs de machines. Les clients ont été raisonnables sur l'utilisation du suramortissement et les livraisons s'étaleront donc jusqu'en 2019". Le président du Seimat insiste sur un retour à des conditions de marché plus homogènes et vertueuses, qui adopterait de nouveau une rythmicité naturelle sur des cycles de quatre ou cinq ans. "Et le haut du cycle actuel sera atteint en 2019-2020", estime-t-il. "Nous éviterons l'effet de bulle de croissance que nous avions connu en 2007-2008 et qui avait aggravé la chute".

 

Tous les segments sont repartis à la hausse

 

Marc Wilson, le vice-président du Seimat, détaille les chiffres pour deux catégories d'engins : les machines de terrassement et les compactes, qui constituent les deux principaux segments d'activité du secteur. Il dévoile : "Au 1er juillet 2017, 2.639 machines de terrassement ont été vendues, en hausse de +9 % sur sept mois. Les plus emblématiques, les pelles sur chenilles représentent à elles-seules 1.256 machines (+11 %). Les pelles sur pneus, 519 machines (+14 %)". Ces derniers engins, plus légers et maniables, profiteraient notamment des travaux lancés pour le Grand Paris et d'autres aménagements urbains. Jean-Marie Osdoit note qu'à l'inverse, les chantiers nécessitant des machines qui travaillent la terre comme les lignes à grande vitesse, se sont achevés, entraînant une baisse de la demande de tombereaux articulés ou de tracteurs sur chenilles (bulldozers). Sur l'ensemble de l'année, le syndicat espère que ses adhérents atteindront le chiffre de 4.500 machines de terrassement commercialisées, en droite ligne de la tendance actuelle (+9 %), avec une prévision de 4.700 machines en 2018 (+4 %).

 

Du côté des machines compactes, les chiffres sont encore meilleurs : +25 % de progression en sept mois, porté principalement par l'engouement pour les minipelles dont 7.700 machines avaient déjà trouvé preneur au 1er juillet. "C'est un retour aux belles années comme 2006-2007", affirme Marc Wilson. Les deux spécialistes notent que cette hausse est le reflet de l'effondrement d'un autre type d'engin, le tractopelle, dont moins de 300 exemplaires avaient été vendus au 1er juillet. Pour eux, ce type de machine est "en train de mourir" et devrait disparaître des marchés ouest-européens à brève échéance, remplacée par des chargeurs compacts. Le président et le vice-président du Seimat soulignent également le rôle tenu par les loueurs nationaux et régionaux dans le marché français : ils représentent 3.500 machines achetées sur sept mois (+26 %), avec de gros investissements de renouvellement en 2016-2017. En tout, pour ce segment des "compactes", le syndicat prévoit que 16.600 machines trouveront acquéreur en 2017 (+19 %) et que cette frénésie se calmera ensuite avec 17.000 engins (+3 %) en 2018.

 

Grand Paris, Jeux Olympiques : tout est bon pour l'activité

 

Pascal Petit-Jean, le secrétaire général du Seimat, dévoile les résultats pour d'autres segments spécifiques : "Les matériels routiers ont progressé de +9 % sur sept mois, soit 7.750 machines dont 6.000 piloneuses". Les prévisions en année pleine sont de +8 % en 2017 puis de +2 % en 2018. Même tendance pour les matériels béton - principalement des bétonnières portées - dont les résultats devraient fortement augmenter cette année (+30 %) puis l'an prochain (+8 %), avec un volume de machines s'établissant à 1.200-1.300 unités. Enfin, pour le levage et la manutention, les sept premiers mois de 2017 ont été profitables (+15 %) notamment grâce aux chariots télescopiques (+41 % soit 2.600 engins) et dans une moindre mesure aux nacelles (+3 %, 3.900 machines). Sur ce segment d'activité, impacté par l'agriculture, le rythme de croissance s'établira à +3 % en 2017 puis 2018, pour un volume de 12.300 à 12.700 unités.

 

Le président du Seimat conclut sur les actions menées par le Seimat : "Nous participons à Connexion 21 qui vise à promouvoir les infrastructures auprès des usagers, nous participerons au Forum FNTP, aux 24 heures de la FFB le 6 octobre prochain et au salon Intermat en 2018". Le syndicat organise d'ailleurs des rencontres régionales dans la moitié sud du pays à Lyon, Marseille, Toulouse et Bordeaux, afin d'attirer les professionnels locaux à cet événement qui séduit d'habitude principalement leurs collègues du nord. Il espère que le gouvernement tiendra ses engagements en matière de formation des jeunes : "Nous faisons la promotion des métiers de la maintenance, de la formation en alternance. Nous avons besoin de techniciens très bien formés, notre secteur à une demande naturelle de jeunes mécaniciens. Il faut supporter les écoles, remplir leurs classes et avoir des professeurs !". Quant à l'impact des Jeux Olympiques de 2024 à Paris, il glisse : "L'impact sur la construction sera de 1,8 Mrd €. Ce sera un aiguillon pour la réalisation du Grand Paris, qui devra respecter les délais. Autre élément positif : cet événement concernera également Marseille pour les épreuves de voile, d'autres villes en France, pour le tournoi de football". Une perspective réjouissante pour les fabricants de matériels.
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