La Société nationale des chemins de fer français (SNCF) a participé à la levée de fonds organisée par Hyperloop, une start-up américaine qui développe un moyen de transport terrestre révolutionnaire, plus rapide que l'avion et plus économique que le train. Une façon de préparer l'après-TGV ?

Le projet Hyperloop intéresse de plus en plus d'investisseurs internationaux. Parmi eux, la SCNF, qui vient de participer à la deuxième levée de fonds de la start-up fondée par l'omniprésent Elon Musk (PayPal, Tesla, SpaceX) aux côtés de fonds comme GE Ventures ou 137 ventures. Cet intérêt pour une technologie futuriste de transport terrestre - le principe de l'Hyperloop est un réseau de tubes basse pression où circulent des capsules pressurisées mues par l'électromagnétisme - n'est pas une réelle surprise. En effet, Guillaume Pepy, le président du groupe ferroviaire, est intéressé de longue date par cette révolution annoncée. En septembre 2015, il indiquait à L'Obs : "Hyperloop est un projet à la fois allumé et visionnaire, nous le suivons de près".

 

Deux mois plus tard, Guillaume Pepy entamait les discussions avec Brogan BamBrogan, co-fondateur d'Hyperloop : "Nous nous connaissons, sommes intéressés par une collaboration et allons discuter", expliquait le président de la SCNF. Il précisait également à la presse française : "Nous sommes intéressés par une collaboration avec Hyperloop car c'est une technologie de rupture, comme l'a été le TGV, et nous avons besoin d'appréhender ce qui peut émerger d'ici 10 à 15 ans". Grâce à la deuxième levée de fonds, de 69,5 M€, l'entreprise américaine pourra poursuivre le développement de sa solution.

 

La course aux 1.000 km/h est lancée

 

D'ores et déjà, une installation d'essais est en construction au nord de Las Vegas, Nevada (alors que c'est le Texas qui était initialement prévu) et devrait permettre de tester différentes capsules proposées par plusieurs compétiteurs. Il est prévu qu'elles atteindront la vitesse de 540 km/h au début de 2017 (soit sensiblement la même vitesse que la rame de TGV spécialement préparée pour battre le record du monde en avril 2007). Mais il ne s'agira là que d'une première étape : la vitesse visée commercialement sera de 1.120 km/h. En Europe, c'est la Slovaquie qui a été la plus prompte à solliciter l'installation d'un tronçon d'Hyperloop sur son territoire. Elle a signé un accord en ce sens en mars 2016, et anticipe le développement d'une liaison à très grande vitesse entre Bratislava, Vienne et Budapest.

 

La solution, qui nécessitera le déploiement de tout un nouveau réseau de tubes sous vide afin d'y faire circuler ses navettes, ne doit pas être perçue comme une remplaçante des réseaux ferrés classiques. Elle sera confinée à certaines liaisons longue distance (plus de 500 km) entre des centres urbains importants et pourrait préfigurer un complément aux liaisons TGV aujourd'hui "classiques". Rappelons qu'Elon Musk a promis que son projet verrait le jour d'ici à 2025 : la question est de savoir quelles seront les premières métropoles reliées, Los Angeles et San Francisco, Washington et New York ou des villes européennes…

 

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