PROJET VERT. Quatrième port de France, Saint-Nazaire a saisi l'opportunité de la transition énergétique. En trois ans, elle a créé une véritable filière des énergies marines renouvelables, reposant sur la présence de géants, comme STX et Alstom, et sur un tissu de PME/PMI.

Grand centre de la construction navale, en particulier d'unités géantes de plus de 300 mètres, le port de Saint-Nazaire a souffert de la concurrence des chantiers asiatiques. "C'était une zone d'activité industrielle en crise", admet Joël Batteux, le maire de la ville et président de la communauté d'agglomération de la région nazairienne et de l'estuaire. "Le port se cherchait une activité complémentaire pour ses entreprises et ses sous-traitants. Le cluster s'est intéressé à l'éolien offshore, des PME attirant l'attention de STX (ex-Chantiers de l'Atlantique et ex-Alstom Marine). Puis Alstom est arrivé. Le site industriel a donc démarré seul son redressement productif !", annonce-t-il fièrement. Cas unique en France, la filière des énergies marines renouvelables (EMR) s'est constituée ex nihilo en seulement trois ans.

 

Des capacités industrielles locales adaptées
L'idée était alors de profiter des atouts du port autonome, dont ses capacités logistiques énormes. "Nous parlons de gigantisme hi-tech. Or à Saint-Nazaire, où se trouve l'un des centres européens d'Airbus, nous avons l'habitude des colis lourds avec nos capacités de levage importantes, allant jusqu'à 1.200 tonnes grâce à un nouveau portique entré en service en 2013", explique le maire. De fait, les industriels de l'éolien offshore, dont les machines mesurent une centaine de mètres de haut et pèsent plusieurs centaines de tonnes, choisissent logiquement des ports pour s'implanter : Le Havre pour Areva et Saint-Nazaire pour Alstom et son partenaire EDF Energies Nouvelles (EDF EN). Le port constituera le "hub" d'assemblage des éoliennes du futur parc du banc de Guérande, servant de lieu de stockage pour les mâts et les pales (fabriquées à Cherbourg), et de lieu de production des "jackets" (derricks sur lesquels sont posées les éoliennes) et des nacelles. "Les éoliennes complètes pourront être récupérées en été et installées en mer par des bâtiments spécialisés, à raison d'un départ de 4 machines tous les 10 jours", précise Joël Batteux.

 

8.500 emplois à la clef
Ensemble, EDF EN, Alstom, et leur partenaire allemand WPD Offshore, ont déjà remporté trois appels d'offres sur l'éolien marin et ont déposé leur candidature pour deux autres. "Les résultats de ce 2e appel d'offre sont attendus en avril", explique Nicolas Serrie, le directeur France pour l'éolien offshore d'Alstom. Au total, les cinq projets de parcs marins pourraient générer 8.500 emplois grâce à la construction de quatre usines Alstom à Cherbourg et Saint-Nazaire, et de quatre sites d'assemblage des machines, dans les même ports plus La Rochelle et Le Havre. D'autres emplois sont attendus dans les bases de maintenance des fermes éoliennes (notamment à Port-Joinville et La Turballe), ou dans le centre de R&D dédié aux énergies marines, installé à Nantes : "Il y a aujourd'hui 20 ingénieurs, mais ils seront 30 au mois d'avril prochain, une soixantaine en 2015 et 200 en 2020 !", affirme Alstom. Si le permis de construire de l'usine de pales de Cherbourg vient juste d'être déposé à la fin de 2013, le chantier de l'unité de production de nacelles est, lui, bien avancé à Montoir-de-Bretagne, dans la zone portuaire de Saint-Nazaire.

 

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