Le groupe de matériaux de construction Saint-Gobain, qui a fêté ses 350 ans en 2015, a réalisé à cette occasion une excellente année. Malgré un "environnement économique très contrasté", l'industriel a vu ses résultats progresser, qu'il s'agisse de son chiffre d'affaires ou de son résultat net. Une bonne santé qui ne suffit pas à convaincre Sika de s'allier au géant français…
Une année de jubilé très profitable. Telle pourrait être la définition de l'année 2015 dans la chronologie du groupe Saint-Gobain, qui a fêté ses 350 ans en grande pompe. Pierre-André de Chalendar, son président-directeur général, déclare : "Saint-Gobain a enregistré une amélioration de ses résultats dans un environnement économique très contrasté". De fait, le groupe affiche un chiffre d'affaires en hausse, à 39,62 Mrds € (+3,3 %) et un résultat net en forte progression à 1,29 Mrd € (+36 %).

 

La France plombe les résultats

 

Mais comme les autres grands groupes français de la construction, la situation du marché national a pesé sur les comptes. Le p-dg explique : "L'ampleur de ce progrès a été limitée par la poursuite du recul des activités en France, notamment affectées par le fort repli de la canalisation au second semestre, malgré des premiers signes d'amélioration des indicateurs de la construction". Plus en détail, Saint-Gobain annonce avoir bénéficié d'une bonne croissance dans le "Vitrage" (+5,1 %) et d'une bonne dynamique dans "l'Aménagement intérieur" (+1,9 %). En revanche, les "Matériaux hautes performances" (-1 %) ont été affectés par les proppants céramiques (des agents de soutènement solides, injectés dans les fractures de la roche) dans l'industrie du pétrole et du gaz. "L'Aménagement extérieur", qui comprend les canalisations, a donc également reculé (-1 %), tandis que la "Distribution bâtiment" a subi une légère décroissance sur l'ensemble de l'année (-0,6 %), tout en affichant une amélioration sur le dernier trimestre.

 

Le groupe précise : "Les volumes d'activité de la construction en France sont restés en forte baisse tout au long de l'année avec les premiers signes de stabilisation en fin d'année". La contraction a atteint les -4,1 %, compensée par l'international. Les pays d'Europe occidentale, par exemple, ont enregistré une croissance du chiffre d'affaires (+2,1 %), notamment dans les pays nordiques et au Royaume-Uni. L'activité des pays d'Europe du Sud et du Benelux a rebondi mais elle reste négative en Allemagne (-1,3 %). En Amérique du Nord, les marchés industriels atones et l'arrêt d'activités dans l'exploration pétrolière, du fait de tarifs de vente trop bas pour justifier des investissements, fait que les ventes se sont tassées (-2 %). En Asie et dans les pays émergents, en revanche, la croissance perdure (+4,1 %), malgré des baisses observées en Chine et au Brésil.

 

Sika toujours dans la ligne de mire

 

Pour l'année 2016, Saint-Gobain souhaite "améliorer son potentiel de croissance" en optimisant son organisation interne, notamment en lançant un programme d'économies de 800 M€ sur trois ans (dont 250 M€ en 2016), portant sur la logistique, les activités commerciales et le digital. Le groupe poursuivra sa politique d'acquisition et de cessions. Il entend se concentrer "sur les activités à forte valeur ajoutée, à plus faible intensité capitalistique et hors Europe occidentale". Concernant le feuilleton Sika, le groupe affirme poursuivre le projet, grâce aux "multiples décisions de justice favorables à la réalisation de la transaction". Selon l'industriel français, le dernier point bloquant serait la limitation des droits de vote imposé à la holding SWH, sur laquelle une décision de première instance pourrait être obtenue à l'été. Le chimiste de spécialité suisse a, de son côté, précisé que les résultats solides qu'il avait lui-même enregistré en 2015 (425,5 M€, +5,4 %), venaient soutenir sa défense contre Saint-Gobain.

 

Suivant ses propres analyses, le groupe prévoit de bénéficier d'un niveau d'activité plus soutenu en Europe, avec une stabilisation de la situation en France. L'Amérique du Nord devrait connaître une légère croissance sur le marché de la construction, tempérée par une incertitude dans le secteur industriel. Enfin, les activités en Asie et pays émergents "devraient réaliser un niveau de croissance satisfaisant", en dépit du Brésil. Saint-Gobain annonce également miser sur sa grande discipline en matière de trésorerie et maintenir sa priorité aux prix de vente. Son programme d'investissements industriels s'élèvera à environ 1,4 Mrd € (soit un niveau légèrement supérieur à celui de 2015 où il était de 1,34 Mrd €). De quoi viser "une nouvelle amélioration du résultat d'exploitation".
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