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Rue Rebière : le logement parisien en mode expérimental

UN PROJET/ UNE PARTICULARITE. Dans le cadre du réaménagement de la Zac Pouchet à Paris, une artère s'est littéralement métamorphosée ces dernières années : la rue Rebière. Autrefois dédiée à l'automobile, elle abrite aujourd'hui pas moins de 190 logements, tous imaginés par de jeunes architectes dans le cadre d'un atelier de création urbaine. Visite.

 
 
 
 


Comme dans bon nombre de grandes villes, le foncier est un véritable casse-tête pour les municipalités. Nécessaire pour construire, il se fait rare dans les zones tendues, et encore plus à Paris.

C'est pour répondre à cette problématique que le quartier de la Porte Pouchet dans le 17ème arrondissement de la capitale a entamé, depuis 2005, sa mutation : "Le programme s'organise autour de trois axes : le logement, le renouvellement urbain avec notamment le développement des transports et le regroupement des services municipaux. Objectif : libérer du foncier", explique Anne Maïkovsky, directrice de l'aménagement à la Semavip*. Et d'ajouter : "Nous avons bougé et déménagé certains bâtiments pour réorganiser et reconfigurer harmonieusement l'ensemble". A ce petit jeu de bonneteau, une crèche sera déplacée, le garage des Transports automobiles municipaux (TAM) disposera d'un nouveau hangar et l'annexe de la caserne des pompiers et les laboratoires de la voirie seront relogés… Le tout est orchestré par le groupement d'architectes TVK (Trévelo & Viger-Kohler architectes urbanistes) et MG-AU (Michel Guthmann architecte mandataire). Dans ce contexte, une large place est accordée à la priorité de Français et des aménageurs : le logement. Au total, ce sont 290 logements qui seront créés dont 190 dans une artère qui se veut expérimentale : la rue Rebière.

Des nouvelles façons de vivre

Autrefois dédiée à l'automobile et tombée en désuétude au fil des années pour ses activités nocturnes, elle connaît aujourd'hui une nouvelle vie. Alignés le long du cimetière des Batignolles sur un seul et même pan de rue de 620 mètres de long, 17 petits immeubles sont sortis de terre en l'espace d'environ trois ans. Chacun d'entre eux comprend entre 10 et 20 appartements confortables et peu consommateurs d'énergie. Pour pouvoir accueillir les bâtiments, la rue jadis de 25 mètres de large, a été réduite à 12,60 m. Mais ce n'est tout, le défi visait aussi la création de nouvelles manières d'habiter : "Il s’agit d’y composer des architectures contemporaines interrogeant la singularité du contexte (en particulier le paysage du cimetière), les nouveaux modes de vie, le rapport aux espaces publics", expliquait-on à l'époque du lancement du projet. Sous la houlette de l'agence Périphérique, plusieurs équipes d'architectes ont donc présenté des projets audacieux et disparates les uns des autres. Par exemple, la Fantastic Agence de Stéphane Maupin a mis en place un système de grandes terrasses avec vis-à-vis sur ces voisins jouant la carte de la proximité et de la solidarité. Une initiative qui semble fonctionner puisque chacun a l'air d'avoir apprivoisé son espace ne s'arrêtant pas au regard d'autrui. De leur côté, les architectes d'Hondelatte Laporte ont également présenté leur vision du logement avec des grands balcons colorés ouverts sur l'extérieur érigeant une sorte de pièce supplémentaire aux appartements. Et là aussi, les locataires paraissent sensibles à ce nouvel espace puisque très peu de canisses ont été posées. Néanmoins, reste à savoir si l'imagination déployée pour les extérieurs a fait écho à des intérieurs agréables et fonctionnels.

Un quartier à fort potentiel

Concernant les habitants, 50 logements (soit 4 immeubles réalisés par le bailleur Nexity) sont en accession à la propriété et 140 logements sont gérés par le bailleur social Paris Habitat OPH. Les prioritaires ont été les anciens occupants de la Tour Borel, située à proximité, qui doit subir prochainement des travaux de réhabilitation mais aussi une destruction partielle. "Il fallait donc réussir la greffe entre les habitants là depuis longtemps et les nouveaux venus", précise Anne Maïkovsky, directrice de l'aménagement à la Semavip. Pour cela, l'accent a été mis sur la vie associative avec notamment la création de locaux pour l'accueil de la population. Si le quartier attend encore le développement de commerces de proximité, qui devrait arriver avec la construction d'un hôtel et d'un immeuble de bureaux, le potentiel est là. L'intérêt aussi. Et pour preuve récente, Xavier Niel, PDG de Free, prévoit d'y installer son école pour les futurs cracks de l'informatique.

*Société d'économie mixte d'aménagement de la ville de Paris

Fiche technique
Aménageur : Semavip
Maître d'ouvrage des constructions : Opac de Paris pour 140 logements et Nexity pour 50 logements
Worskhop de la rue Rebière mené par l'agence Périphérique
Travaux rue Rebière : 2008-2012
Surface de logement sur la Zac Pouchet : environ 27.000 m2



Céline Galoffre (31/05/2013)

 
 
 
 
 



 
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