Expérimentée en Normandie et dans divers sites pilotes, la route solaire poursuit son développement. Deux tronçons de 20 mètres de long seront installés dans les Hauts-de-Seine, à Issy-les-Moulineaux et Boulogne-Billancourt, pour alimenter en électricité des équipements publics. Explications.

Le conseil de territoire Grand Paris Seine Ouest a décidé que la route solaire Wattway, imaginée par Colas et produite par SNA, serait expérimentée sur les communes de Boulogne-Billancourt et d'Issy-les-Moulineaux. Un premier tronçon avait été installé à Tourouvre dans l'Orne, à l'automne 2016, ouvrant la voie aux 1.000 km promis, d'ici à 2021, par Ségolène Royal. Une quantité de capteurs au sol théoriquement suffisante pour alimenter 1 million de foyers en électricité durable ou pour rendre autonomes énergétiquement des équipements urbains.

 

Collecter l'énergie pour la redistribuer aux équipements voisins

 

Ce qui sera précisément le but des deux sections de 20 mètres de long (soit 100 m²) qui seront installées dans les deux villes des Hauts-de-Seine. Le courant produit par les dalles de chaussée du fort d'Issy alimenteront de l'éclairage public tandis que celui issu des dalles posées à Boulogne serviront une piscine municipale, pour couvrir une partie de ses besoins énergétiques. Car ces équipements sont parmi les plus énergivores des agglomérations, qui cherchent donc à réduire leur empreinte environnementale, à l'image de ce qui se fait à Paris. Le conseil de territoire précise que le coût de cette expérimentation sera de 300 k€ par site et que les travaux seront menés au cours du premier trimestre de cette année.

 

Rappelons que le procédé Wattway consiste à venir rapporter des panneaux solaires durcis et matricés, sur l'asphalte des routes. Ces capteurs, même s'ils sont horizontaux et qu'ils subissent le passage - bref - de véhicules, se trouvent tout de même capables d'atteindre un rendement de 15 %, assez peu éloigné de celui des centrales photovoltaïques de toiture (18 %). La durabilité de ces panneaux routiers a été testée en laboratoire et validée pour 1 million de passages de véhicules, camions compris, soit une durée de vie estimée de 15 ans. L'intérêt est de ne pas mobiliser de foncier pour installer des centrales solaires au sol et que l'impact visuel soit nul. Le ministère souhaite que les premiers sites équipés soient, en priorité, des traversées d'agglomération et des bandes d'arrêt d'urgence où la circulation est moindre.

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