Divers acteurs de la construction et de l'immobilier ont fait l'expérience d'instrumentaliser des bâtiments (par le biais de nombreux compteurs et systèmes de suivi) afin de confronter consommation réglementaire, consommation prévisionnelle et consommation réelle. Ainsi, pour Jean Lacroix , directeur Energies et Construction durable chez Bouygues Construction, "il ne faut pas confondre calcul réglementaire et STD. La seconde permet d'approcher correctement les résultats réels mais elle nécessite une expertise sur les outils, les systèmes constructifs et le fonctionnement des systèmes techniques". Le niveau de définition des études de conception serait insuffisant et, selon lui, "il est nécessaire de recaler la STD en fonction des évolutions du projet. Et il faut un fort investissement humain en période de réglage et de mise au point du fonctionnement des installations techniques". Même constat du côté d'Eiffage : si parfois consommation STD et réelle sont proches, une analyse fine révèle que les usages sont finalement très différents de ceux qui étaient attendus. "Un immeuble conçu pour 580 postes de travail mais qui n'accueille que 350 personnes fait qu'il y a forcément moins d'utilisation des ascenseurs et moins d'ordinateurs en marche", expose Vianney Fullhart. Les résultats présentent donc des écarts très importants suivant les postes, pouvant aller de -80 à +90 %.

 

Jean-Pierre Auriault (directeur Développement durable pour BNP Paribas Real Estate) estime également que la consommation en kWh rapportée au poste de travail serait plus adaptée que la réglementaire kWh/m².an. Lui aussi estime que la cohérence globale entre STD et consommation réelle est bonne, avec un écart global que tous situent entre 10 et 15 %. "Douze mois sont nécessaires pour le calage du bon fonctionnement et des hypothèses d'usage, difficiles à déterminer", relate-t-il. La STD permet donc de mieux concevoir un bâtiment, de prévoir sa consommation réelle, de contrôler son bon achèvement, de mieux le piloter et même de vérifier les performances de ses équipements. C'est ainsi que la forte différence en STD et consommation réelle peut révéler des défauts de fonctionnement de compteurs ou de vannes, des régulations et programmations défaillantes ou des erreurs d'appréciation dans les hypothèses d'usage.

 

Vers une méthodologie commune
Chez EDF, on propose d'associer un logiciel expert en facturation avec les logiciels de simulation dynamique pour prévoir la facture globale dès la conception (permettant de trancher dans le cas d'un arbitrage énergétique), lors de la réalisation (prévision des coûts) et en exploitation (aide au pilotage). Pour l'Ifpeb et le CSTB, la solution repose sur l'élaboration d'une nouvelle méthodologie, dite "IDC" (Indicateurs pour une très basse consommation), qui comprend des outils prévisionnels ou les moyens humains et matériels à prévoir. La nouvelle méthode, qui synthétisera les divers retours d'expériences, sera disponible à partir du 15 décembre avec toutes les annexes permettant sa mise en œuvre.

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