Réclamé par la commune de Grigny (Essonne), l'une des collectivités les plus pauvres de France, un rapport interministériel vient d'être remis à Manuel Valls comprenant 41 recommandations. Découvrez celles qui concernent le logement et la rénovation urbaine.

Un rapport interministériel détaillant "l'apartheid social et territorial" dans la ville de Grigny (Essonne), reconnue pour la cité sensible de La Grande Borne, a été remis, mardi 26 juillet, au Premier ministre. C'est, effectivement, l'une des villes, les plus pauvres de France : 45 % des 27.000 habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté. Rappelons que la commune fait déjà l'objet d'un investissement particulier de la part de l'Etat. En termes de rénovation urbaine, 490 millions d'euros d'investissement ont déjà été engagés, 27 équipements publics rénovés et enfin 4.000 logements rénovés. Malgré "les centaines de millions d'euros" investis, "Grigny fait partie de ces territoires de la République en décrochage qui souffrent d'un apartheid social et territorial", constate amèrement le rapport.

 

Avant d'ajouter que "La Grande Borne, cité labyrinthe en bord d'autoroute, demeure un quartier enclavé, victime de la pauvreté et des trafics, même si l'arrivée d'une ligne de bus en 2017 et d'un tram-train en 2019 augurent d'une situation plus favorable".

 

Construction d'un lycée et de nouvelles structures pour réintroduire les services de
santé et publics

 

C'est pourquoi le rapport établit 41 recommandations à l'égard de la collectivité. Parmi celles retenues dans le secteur de la rénovation urbaine, ce document préconise la construction d'un lycée et de nouvelles structures pour réintroduire les services de santé et publics.

 

Vers un dispositif de rénovation des co-propriétés dégradées pour Grigny 2

 

Autre priorité : le logement. Ce document confirme la mise en place d'un dispositif de rénovation des co-propriétés dégradées pour Grigny 2, l'une des plus grandes copropriétés de France avec ses tours rassemblant 5.000 logements. C'est par voie de décret, que le périmètre sera précisé en octobre, indique Matignon.

 

Par ailleurs, une dotation exceptionnelle a été envisagée pour compenser les 2 millions d'euros supportés par la commune. "L'Etat garantit pendant cinq ans une dotation publique de 1,2 million d'euros annuel là où elle fluctuait entre 400.000 euros et 1 million d'euros", a signalé, Philippe Rio, (PC) maire de Grigny.

 

Enfin, à l'image de 11 autres sites* pilotes en France, crées à l'automne 2015, Manuel Valls et Patrick Kanner, ministre de la Ville, ont nommé Vincent Lena, délégué du Gouvernement pour la commune de Grigny, qui sera placé sous l'autorité du préfet de Département. "Il sera ainsi chargé dans les quartiers de Grigny II et de la Grande Borne de coordonner, intensifier et rendre visibles les effets du contrat de ville de Grigny", ont-ils précisé dans un communiqué, mercredi 27 juillet.

 

*Ces sites pilotes sont Amiens (Somme), Mulhouse-Illzach (Haut-Rhin), Grigny (Essonne), Mantes-la-Jolie et Trappes (Yvelines), Vénissieux-Saint-Fons (Rhône), Avignon (Vaucluse), Toulouse (Haute-Garonne), Marseille (Bouches-du-Rhône), Cayenne et Kourou (Guyane), Roubaix-Tourcoing (Nord), Sevran-Aulnay (Seine-Saint-Denis).
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