Afin d'accueillir les visiteurs dans de meilleures conditions pour qu'ils puissent profiter pleinement des œuvres, le musée d'Orsay a entamé depuis deux ans des travaux de rénovation. Grâce au savoir-faire du cabinet Wilmotte, de l'Atelier de l'Ile et du service architecture interne du musée, le nouvel écrin se veut plus fonctionnel. Sans oublier la touche de fantaisie des frères Campana, designers brésiliens, qui ont imaginé un café loufoque. Découverte.

Dès le 20 octobre, les visiteurs du musée d'Orsay pourront se laisser charmer par le nouvel aménagement du site.

 

Ce lifting sur plus de 7.200 m2, qui a nécessité environ deux ans de chantier, tourne autour de trois axes principaux : la restructuration du pavillon Amont qui abritera les grands formats de Gustave Courbet, les peintures Nabis et les œuvres d'arts décoratifs, le réaménagement de la galerie des impressionnistes et la création d'un nouveau café au cinquième étage.

 

Aux commandes du projet : plusieurs maîtres d'œuvre qui ont dû composer avec les difficultés et les aléas d'un tel lieu. «Nous avons beaucoup travaillé de nuit pour ne pas gêner le public», explique d'ailleurs Dominique Brard de l'Atelier de l'Ile, en charge du Pavillon Amont. Ce dernier s'est métamorphosé dans sa lecture avec des volumes plus larges et moins fractionnés : «Nous avons créé de véritables salles d'expositions. Auparavant, les garde-corps et les structures métalliques ne facilitaient pas la lisibilité des œuvres, ils ont donc été enlevés ou masqués», précise l'architecte. Cette partie a également subi des modifications en termes de circulation avec la création d'une passerelle métallique servant à le relier au pavillon de la nef. A cela s'ajoutent un nouveau code couleurs avec un mur rouge, fil conducteur de la visite agrémenté d'informations et des moyens de circulation à savoir l'escalator, l'ascenseur et l'escalier.

 

La galerie des impressionnistes signée de Wilmotte
A l'intérieur du pavillon, la galerie des impressionnistes, située au 5ème étage, s'offre aussi un coup de jeune avec une rénovation signée Jean-Michel Wilmotte. Au programme : travail sur la couleur «prune» et l'éclairage. «Nous avons récréé une vue horizontale pour une meilleure appréciation des œuvres», souligne l'architecte. De plus, il a retouché la salle des colonnes pour en faire un lieu d'exposition temporaire et réaménagé une dizaine de salles destinées à héberger des dessins. A noter également que, depuis cet été, les salles et la terrasse du médian Lille présentant des sculptures et des peintures, arborent un nouveau visage réalisé par le service interne d'architecture du musée d'Orsay.

Modernité pour le café

Dans cet univers plutôt rigoureux, le public pourra se détendre au sommet du bâtiment dans un nouveau lieu : le café des hauteurs. Confiés aux frères Campana, designers brésiliens, le bar, se trouvant vers l'horloge, endosse un aspect insolite détonnant avec le reste du musée. «Nous nous sommes inspirés de 20.000 lieues sous les mers de Jules Verne», précise Humberto Campana. Et d'ajouter : «Pour les chaises en polyuréthane, de Monet». Suspensions dorées réfléchissantes, miroirs défragmentés en plastique bleu ou encore paravents orange constitués d'un enchevêtrement de fils de métal tordus, l'installation devrait surprendre et trancher avec le caractère historique des lieux ainsi que celui de l'ancien bistrot parisien au décor typique en place auparavant. Les visiteurs apprécieront-ils cette audace ? La réponse dans quelques semaines…
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