ETUDE. Selon une enquête, 2016 confirme la hausse des recrutements dans le secteur de la maîtrise d'oeuvre et des entreprises de travaux. Quels sont les métiers dont les rémunérations devraient augmenter en 2017 et ceux qui pourraient baisser. Détails.

L'amélioration de la conjoncture dans le secteur de la construction a des conséquences sur le marché du recrutement. L'étude réalisée par le cabinet PageGroupe confirme une hausse des recrutements en 2016 pour les métiers de la maîtrise d'oeuvre et des entreprises de travaux.

 

Ainsi, le secteur du bâtiment est porté par l'innovation, note le cabinet de recrutement. Il ajoute que les "problématiques BIM alimentent la création et le renforcement des cellules de conception chez les constructeurs" et constate que "une transversalité nouvelle entre les profils de maîtrise d'oeuvre et ceux des entreprises de travaux". L'étude note toutefois que ce contexte est "particulièrement favorable aux candidats possédant plus de cinq ans d'expérience".

 

Les métiers dont salaires évoluent à la hausse

 

Ainsi, les postes dont la rémunération a tendance à augmenter, dans les entreprises générales de BTP sont ceux des chargés d'affaires travaux (payés entre 35-40 K€ pour les débutants, 38-44 K€ entre 2 à 5 ans d'expériences et entre 45 et 50 K€ au-delà de 5 ans d'expérience), les ingénieurs études de prix (entre 30-35 K€ pour les débutants, puis 35-40 K€ entre 2 et 5 ans d'expérience et 40-55 K€ au-delà de 5 ans d'expérience), les

techniciens études de prix

(débutant : 25-32 K€, de 2 à 5 ans : 32-36 K€ ; et de 5 à 15 ans d'expérience : 36-44 K€) et les ingénieurs commerciaux (35-40 K€, puis 40-50 K€, puis 50 K€ et plus).

 

Dans le secteur de la maîtrise d'œuvre, les professions dont les salaires ont tendance à augmenter sont : les ingénieurs études spécialistes (structure, CFO/ CFA, CVC, VRD) (de 30-35 K€ pour les débutants, puis autour de 35-45 K€ entre 2 et 5 ans et entre 45-55 K€ au-delà de 5 ans), les ingénieurs responsables commerciaux (35-40 K€ débutant, puis 40-50 K€, et plus de 50 K€ après 5 ans), les économistes (26-34 K€ en début de carrière, 35-40 K€ entre 2 et 5 ans d'expérience, et 40-50 K€ après 5 ans), et les techniciens EDP - métreur - chiffreur (26-28 K€ au début de carrière, 28-32 K€ entre 2 et 5 ans d'expérience et entre 32-38 K€ après 5 ans d'expérience).

 

Pour Anaïs Mathy, une porte-parole de PageGroup, ses tendances ne sont pas surprenantes, elles confirment la demande croissance des profils commerciaux. "Il y a eu des créations de postes qui se sont confirmées sur ces profils et de nouveaux postes sont à pouvoir", nous indique-t-elle. Elle précise : "Les entreprises ont besoin de profils sur-mesures avec une forte dimension opérationnelle, elles sont donc plus flexibles quant à la rémunération". Pendant la crise du secteur, de nombreux entrepreneurs sont "restés dans l'arène" et ont assumé ces fonctions, nous explique-t-elle. Aujourd'hui, ils ont besoin de se reconcentrer sur la stratégie de leur entreprise.

 

Les métiers dont les salaires tendent à baisser

 

Dans les entreprises générales, la rémunération de directeur d'exploitation (de 70-75 K€ les deux premières années, puis 75-85 K€ et plus de 85 K€ après 5 ans d'expérience) a tendance à baisser, tout comme celle d'un ingénieur structures (30-35 K€ au début, puis 35-45 K€ entre 2 à 5 ans d'expérience et 45-60 K€ après 5 ans).

 

Dans les entreprises de maîtrise d'œuvre du BTP, ce sont les salaires des architectes-collaborateurs qui ont tendance à baisser (26-30 K€ de 0 à 2 ans, 30-35 K€ de 2 à 5 ans et 35-45 K€ après 5 ans), et les pilotes OPC (30-35 K€ de 0 à 2 ans, 35-40 K€ de 2 à 5 ans puis 40-50 K€ après 5 ans).

 

Concernant les architectes, Anaïs Mathy tient a souligner que depuis près de 10 ans les candidats sont en difficulté. Il y a trop de candidats et pas assez de postes. Elle regrette que beaucoup aient vu leur rémunération baisser et leur préconise de s'orienter dans la diversité des activités. Selon elle, le Bim est un enjeu important. Elle les encourage à accentuer leurs connaissances et "se positionner en leader sur la problématique". Elle estime que cela pourra "remettre ces profils sur le devant de la scène et ainsi espérer des jours meilleurs".

 

Quels sont les secteurs porteurs ?

 

Stimulé par la "construction de logements neuf et des carnets de commandes en hausse, le secteur du gros œuvre est particulièrement porteur", commente l'étude, précisant que les "profils d'encadrement travaux avec au moins cinq ans d'expérience y sont en tension même au sein des acteurs majeurs de la construction qui privilégiaient jusqu'ici les mobilités internes". En revanche, l'enquête explique que si le marché de la rénovation et de la réhabilitation reste en retrait, les profils aux savoir-faire spécifiques sont très recherchés.

 

Enfin, les travaux liés au Grand Paris, et notamment ceux des transports franciliens, dynamise le secteur de l'infrastructure et des travaux publics.
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