Après les combles et les murs, l'isolation des menuiseries devrait être une priorité lors des travaux d'amélioration thermique des logements. Selon l'étude d'efficacité énergétique réalisée par Pouget Consultants pour le compte du Pôle Fenêtre de la FFB, le remplacement de vieilles fenêtres par des produits performants amène une réduction substantielle des besoins en chauffage.

Il est admis que les ouvertures (portes et fenêtres) sont à l'origine de 10 à 15 % des déperditions thermiques d'un bâtiment, après les combles et les murs. Cependant, le remplacement de fenêtres simple vitrage par des menuiseries modernes, accroîtrait de façon bien supérieure les performances des habitations. C'est en tout cas ce que conclut Adeline Junker, chargée d'étude pour Pouget Consultants, qui a simulé le remplacement des fenêtres et volets dans les bâtiments d'habitation - maison individuelle ou logement collectif afin d'observer les effets sur les besoins de chauffage et la consommation énergétique.

 

Les résultats de ces simulations, menées sur quatre bâtiments collectifs et trois maisons individuelles, pas ou peu isolés, et présentant des surfaces vitrées et des orientations différentes, montrent que cette opération de simple remplacement des fenêtres permet de réduire les besoins de chauffage d'un quart. En termes d'économies d'énergie, ce sont 60 kWh/m²/an qu'il sera possible d'économiser, "soit plus de 25 % de l'amélioration nécessaire à une rénovation énergétique dont l'objectif est de passer d'une consommation de 300 à 80 kWh/m²/an", fait valoir le document.

 

Des gains chiffrés ou simplement perceptibles

 

Les chiffres varient selon le type de bâtiment et la zone climatique. Dans du logement collectif datant d'avant 1974, le remplacement des fenêtres anciennes (Uw = 5,7) par des produits contemporains (Uw = 1,3) permet de diminuer les besoins de chauffage de 24 à 27 %, soit 40 à 60 kWh/m²/an. Le gain sur les consommations énergétiques des cinq usages réglementaires s'établit alors à plus de 18 %. Pour une maison individuelle d'avant 1974, les résultats sont moins impressionnants, puisque les besoins en chauffage ne sont réduits que de 10 à 13 %, correspondant à des gains d'un peu plus de 25 kWh/m²/an (soit environ 10 % des consommations réglementaires d'une maison). C'est en région méditerranéenne (zone climatique H3) que ces améliorations sont les plus sensibles, sans doute car l'enveloppe est moins bien isolée que dans les régions plus froides. L'étude précise : "En ajoutant le remplacement des volets, le gain est amélioré d'environ 4 kWh/m²/an". Une diminution négligeable des besoins de chauffage (-1 %), compensée par l'amélioration du confort d'été.

 

Les professionnels de la menuiserie notent que les fenêtres sont "le seul élément actif du bâti" qui, en plus de contribuer à l'isolation thermique, "captent les apports solaires de chaleur et de lumière naturelle" et contribuent "au renouvellement de l'air". Ils soulignent les bénéfices en termes de confort de vie intérieur et de facilité des travaux, réalisés en site occupé en quelques jours seulement. "Il est totalement justifié que le remplacement des menuiseries extérieures (fenêtres, portes extérieures et volets) (…) soit éligible au CITE, à l'Eco-PTZ ainsi qu'aux aides proposées par les collectivités locales", font-ils valoir. Le Pôle Fenêtre de la FFB conclut sur la nécessité de faire installer par des entreprises RGE des produits dont la qualité de conception et de fabrication est démontrée, afin d'en garantir la performance et la durabilité.
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