POLEMIQUE. La plupart des professionnels du secteur du Logement sont vent debout contre le plan Logement du Gouvernement, dont tous les détails ne seront connus que le 22 septembre 2017. En première ligne, l'Union sociale pour l'habitat et la Confédération générale du logement, qui en appelle à l'organisation d'états généraux.

Quelques jours après l'annonce de la baisse du budget du Logement, et avant la présentation du futur plan Logement (le 22 septembre), les organisations professionnelles du secteur ne manquent pas d'exprimer leurs vives inquiétudes. Alors même qu'une consultation avait été lancée, au coeur de l'état, pour instaurer un esprit de concertation. En cause, notamment, l'annonce de la baisse des loyers des logements sociaux, qui devra être d'une même ampleur que la baisse des APL.

 

L'Union sociale pour l'habitat souhaite ainsi, comme elle l'indiquait récemment à Batiactu, être reçue par le chef de l'Etat. Mais elle n'a toujours pas eu de réponses, d'après Frédéric Paul, délégué général de l'USH, qui s'exprimait pendant une conférence de presse. D'après Marianne Louis, secrétaire générale de l'USH, les annonces du Gouvernement sont "assez largement improvisées, faites par le ministère de la Cohésion des territoires sur l'injonction extrêmement autoritaire de Bercy".


Le logement social est "stigmatisé"

 

De son côté, la Confédération nationale du logement (CNL) a demandé, vendredi 15 septembre 2017, l'organisation d'états généraux de la filière pour "répondre, ensemble, à la crise du logement". La CNL a aussi déploré, auprès de l'AFP, "la stigmatisation du logement social" et reproche au gouvernement que "le contenu du projet de loi logement reste vague" et que "les associations de défense des locataires apprennent les informations au compte-goutte".

 

Un plan critiqué par la FFB, la Capeb, la FPI, le Snal, la FCC, LCA...

 

Les promoteurs et constructeurs ne sont pas en reste, puisqu'après la Fédération française du bâtiment, la Capeb, la Fédération des promoteurs immobiliers et les constructeurs de maisons individuelles, c'est au tour des aménageurs-lotisseurs de tirer la sonnette d'alarme. Ces professionnels s'inquiètent ainsi, par la voix du Syndicat national des aménageurs-lotisseurs (Snal), des annonces du Gouvernement en matière de resserrement du prêt à taux zéro (PTZ).

 

"Les suppressions du PTZ en zones rurales (zone C) et périurbaines (zone B2) priveraient de l'ordre de 50.000 à 70.000 ménages modestes d'une aide indispensable pour engager leur projet immobilier", affirme Pascale Poirot, présidente du Snal. "C'est toute l'économie du secteur qui risque à nouveau d'être impactée, nous n'avons pas envie de revivre la crise dont nous venons à peine de sortir, il est encore temps de l'éviter."

 


"Nous n'avons pas envie de revivre la crise que nous venons de quitter"

 

Julien Denormandie, secrétaire d'Etat chargé du dossier Logement, avait affirmé que le PTZ serait reconduit en 2018, mais "de manière plus ciblée, là où il est le plus nécessaire pour les Français, dans les zones les plus tendues".

 

"Pourquoi justifier des aides au logement où les ˝tensions˝ du marché sont jugées les plus élevées et priver de cet avantage les populations en zones périurbaines ou rurales qui en ont tout autant besoin ?", s'étonne Pascale Poirot. "En effet, si les prix varient globalement à la baisse du centre vers la périphérie, le taux d'effort des ménages est, quant à lui, homogène sur l'ensemble du territoire : les ménages consacrent en moyenne un tiers de leur budget à leur logement."
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